‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 63 sur 132 · DIAGNOSTIC. FORME BENIGNE · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC. FORME BENIGNE

citées et ont déjà trouvé place dans les monographies spéciales. Pour ma seule part, il m'est arrivé maintes et maintes fois de retrouver sur diverses régions du visage des macules ou des cicatrices de chancres qui avaient été méconnus comme nature et assimilés à telle ou telle des affections précitées, si ce n'est même négligés en lant qu'insignifiants « bobos ». Il n'v a pas un mois qu'il m'est arrivé de la sorte de dépister un chancre du menton sur l'un de mes clients qui, affecté de roséole et de plaques muqueuses, prétendait « n'avoir jamais eu de chancre ». Or, ce chancre du menton avait été pris par lui pour une « coupure de rasoir », coupure qui d'ailleurs, avouait-il, « lavait étonné par sa persistance et n'avait pas exigé moins de plusieurs semaines pour guérir ».

De même je tiens de mon collègue et ami le DrHanot l'observation d'un chancre nasal qui, « exactement situé au bout du nez, croûteux, encadré par une légère aréole rougeâtre, avait été considéré par plusieurs médecins comme une simple engelure ». Ce fut l'invasion secondaire seule qui restitua le diagnostic en la droite voie.

Plusieurs lois aussi j'ai reçu de confrères qui s'étaient mépris sur des chancres faciaux l'aveu qu'ils ne s'étaient mépris de la sorte que « pour n'avoir même pas songé au chancre à. leur propos ». « Si l'idée d'un chancre m'était seulement venue à l'esprit, m'écrivait récemment un jeune médecin de province, j'aurais pu éviter Terreur que j'ai commise, car j'aurais cherché et trouvé l'induration, l'adénopathie, etc. Mais que voulez-vous? Des chancres du visage, on en voit en province un tous les dix ans, et je confesse n'y avoir pas pensé un seul instant ».

D'autres fois encore l'erreur en question est commise

CHANCRES DU VISAGE

par ce que j'appellerai « la suggestion du milieu ambiant ». Quand on a affaire à un enfant, à une jeune fille, quand on se trouve dans un milieu honnête, familial, dans un milieu en apparence fermé à la syphilis, on se laisse facilement influencer par l'air ambiant, on se laisse, dirai-je, griser par le parfum d'honnêteté de la maison, et l'on ne songe pas à la syphilis, à laquelle cependant il faudrait toujours penser. Somme toute, on ne se méfie pas, on ne regarde pas les choses d'assez près, et l'on a bientôt fait, à propos d'un bouton du visage, de lancer à la légère un diagnostic, d'ailleurs conforme aux vraisemblances, d'herpès, d'eczéma, d'impétigo, d'affection banale quelconque. Il y a là, bien positivement, un véritable piège moral à éviter.

Et cependant, le diagnostic, par lui même, n'offre guère en l'espèce de difficultés réelles. Car deux signes des plus simples peuvent le fixer, à savoir X induration et Y adénopathie. Seulement, je le répète encore, il s'agit de penser au chancre, et cela n'est pas facile, paraît-il.

II. — Tout autre est le genre d'erreurs possibles à commettre à propos des chancres exubérants . Ici, la lésion est vraiment d'importance, et c'est avec des lésions d'ordre équivalent qu'une méprise peut seulement se produire.

Trois affections sont à mettre eu parallèle avec les gros chancres en question, à savoir :

1. — En première ligne, les sypliilides tertiaires de forme tuberculo-crustacée ou tuberculo-ulcéreuse.

Et, en effet, que d'analogies objectives tendent parfois à rapprocher ces deux ordres de lésions, cependant si différentes comme qualité d'accidents et comme

DIAGNOSTIC

SYPHILIDES

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