‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 71 sur 132 · FRÉQUENCE RELATIVE · texte numérisé non relu

FRÉQUENCE RELATIVE

comme expi'ession de fréquence du chancre thoracique.

Donc, en réalité, les chancres du thorax proprement dit ne sont encore (comme les chancres du membre supérieur) que des accidents de toute rareté.

3° En troisième ligne prennent place les chancres abdominaux ', pour cet autre chiffre assez respectable de 16 sur 110. Mais ici encore il faut noter que cette fréquence procède pour une large part des chancres sus-pubiens, variété commune des chancres péri-génitaux. La plupart, en effet, des chancres abdominaux ne sont que des chancres sus-pubiens, c'est-à-dire des chancres affectant une région toute voisine des organes génitaux et dérivant de contagions génitales.

En sorte qu'au total, vous le voyez, les contaminations syphilitiques qui peuvent affecter le tronc et les membres restent tout à fait rares, alors qu'on en déduit celles qui y sont importées par les conditions et les causes toutes spéciales que je viens d'indiquer.

Mais n'importe. Si rares soient-elles et le seraientelles même davantage, les contaminations de ce genre n'en sont pas moins faites pour exciter l'étonnement. On conçoit bien la possibilité de certains de ces chancres, tels que ceux du cou, par exemple, ou de la partie supérieure du thorax, parce qu'on en devine sans peine et la cause et le mode de transmission. Mais on est bien en droit de trouver déjà plus singuliers les chancres du dos ou de la région supérieure de l'abdomen. Puis il y a vraiment lieu à réelle surprise en face de chancres allant prendre siège sur l'ombilic ou la jambe. Finalement, la surprise devient de la stupéfaction vis-à-vis de chancres affectant le coude, l'aisselle ou les orteils.

Et cependant de tels chancres, « paradoxaux » à force

1 8 U CHANCRES DU TRONC ET DUS MEMBRES

d'être extraordinaires, ont été observés d'une façon bien authentique. Ils sont irrécusables. Sans doute môme ils seraient moins exceptionnels, s'il n'était dans -leur essence de rester le plus souvent inaperçus. En tout cas, ils existent, et c'est là ce qu'il nous faut enregistrer pour la pratique.

Or, quelles raisons peuvent leur donner naissance? Comment, par quel mécanisme le contage spécifique peut-il être transporté sur les divers sièges dont je viens de parler? Tel est le sujet qu'il nous faut actuellement aborder.

Etiologie. — I. Un premier point, qui ne vous surprendra guère, c'est qu'assez fréquemment l'origine de ces chancres à siège insolite, bizarre, extraordinaire, reste absolument mystérieuse, impénétrable. Pour bon nombre de cas, le pourquoi et le comment de tels chancres se dérobent absolument, et cela en dépit d'enquêtes sérieuses, minutieuses, aussi complètes que possible.

Je ne ferai à ce propos que citer un spécimen du genre, car tous les autres cas que je pourrais produire ne seraient que la répétition de celui-ci.

Il y a quelques années, j'ai eu à traiter en ville un jeune homme affecté d'un chancre de la cuisse, chancre situé à la partie postérieure et moyenne du membre, chancre typique, irrécusable, qui d'ailleurs a ét<; suivi, à échéance normale, de l'explosion secondaire la plus classique. Or, jamais ni le malade ni moi n'avons pu découvrir L'origine de celle contagion, et cependant

Page 1