‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 72 sur 132 · IGNORÉE · texte numérisé non relu

IGNORÉE

mon client n'était pas homme à rien cacher. J'ai examiné sa maîtresse, à laquelle il n'avait pas fait la moindre infidélité depuis deux ans, et je l'ai trouvée saine. J'ai examiné son valet de chambre (en vue de la possibilité de quelque contagion médiate), et je l'ai trouvé sain. Vainement le malade et moi avons-nous fatigué notre imaginative à chercher une explication plausible à cette contagion; peines perdues. En fin de compte et faute de mieux, mon client a fini par s'arrêter à cette « hypothèse » qu'il avait peut-être bien contracté son mal « en s'asseyant, dans une maison de bains, sur le rebord d'une baignoire », situation dans laquelle, en effet, il aurait pu être contagionné à la face postérieure et moyenne de la cuisse, au cas où ladite baignoire aurait été souillée de pus spécifique par un devancier. Mais ce n'était là, comme il le disait lui-même, qu'une « supposition en l'air », à laquelle manquait l'ébauche même d'une démonstration.

Eh bien, il en est de la sorte assez fréquemment. Et, d'ailleurs, rien que de très naturel à cela. Puisque les chancres en question sont extraordinaires de siège, c'est que forcément ils dérivent d'une cause extraordinaire, donc très difficile, sinon impossible à retrouver.

Ou, plutôt encore, n'est-il pas vraisemblable que l'origine de tels chancres reste le plus souvent ignorée pour cette simple raison qu'ils dérivent de contagions purement accidentelles, toutes fortuites, qui, de nature, se dérobent à toute analyse, à toute investigation rétrospective ?

Il n'en est pas toujours ainsi, cependant; loin de là. Ainsi, pour un certain nombre de cas, on arrive à découvrir les origines de la contagion, et cela soit du premier coup, soit après enquête, comme vous allez le voir.

CHANCRES DU THONO liT IJIiS ME.MDIIKS.

IL — Exclusion faite de certaines causes spéciales (telles que l'allaitement, la vaccination, les contaminalions professionnelles, etc.) dont nous parlerons en temps et lieu, l'étiologie des chancres qui nous occupent actuellement correspond à celle des chancres de toule autre région et peut être distribuée, comme d'usage, sous les trois chefs suivants : contamination directe; — contamination indirecte; — contamination médiate.

I. Contagion directe. — Alors que la contagion directe intervient pour porter le contage spécifique sur quelque point du cou, du tronc ou des membres, elle procède presque toujours soit des organes génitaux, soit plus habituellement encore de la bouche.

A. — Quand elle procède des organes génitaux, c'est le plus souvent de l'homme à la femme qu'elle s'exerce.

La verge, en effet, a parfois des « égarements » variés. Rien d'étonnant, donc, à ce que, dans ses pérégrinations anormales, elle puisse porter la contagion sur les points les plus divers. C'est ainsi qu'on l'a vue contaminer par contact direct : les régions périgénitales, l'abdomen, les fesses, les lombes, les cuisses, la main, les seins, voire (ce qui est plus extraordinaire) le jarret et l'ombilic. — Un exemple du genre, comme spécimen.

J'ai eu à traiter en ville une femme galante, remarquablement obèse, pour un chancre ombilical, figurant une sorte d'entonnoir érosif. Or, celte femme ne lit aucune difficulté pour m'avouer que ce chancre était le résultat d'une contagion directe qu'elle devait à son ce amant », lequel, à cette époque, était traité pour un chancre de la verge à l'hôpital du Midi1.

De même, mais d'une façon bien plus rare, la con-

X. V. un cas exactement semblable, rapporté par le Pr Leloir dans ses Leçons sur la syphilis (1886), p. 45.

ÉTIOLOGIE.

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