‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 73 sur 132 · CONTAGION DIRECTE · texte numérisé non relu

CONTAGION DIRECTE

ta y ion a pu être portée directement sur l'homme par les organes génitaux féminins. Exemples :

Un de mes clients a contracté un chancre de la cuisse par contact direct avec la vulve, et cela de la façon que voici. Sa maîtresse s'étant dite « malade », mais sans spécifier le genre de maladie dont elle était affectée, il continua, tout en s'abstenant de rapports, à faire lit commun avec elle et à « dormir enlacé avec elle, l'une de ses cuisses touchant la vulve ». Il s'inocula de la sorte un chancre sur cette cuisse par contact avec un chancre vulvaire, dont je constatai plus tard la cicatrice et l'induration.

Un autre de mes clients a pris la syphilis pour avoir fait danser sur sa cuisse une jeune femme qui était affectée à cette époque de nombreuses plaques muqueuses vulvaires et péri-vulvaires. Comme les deux acteurs de cette scène joyeuse se trouvaient dans un costume tout à fait primitif, l'inoculation se fit aisément de la vulve à la région crurale antérieure.

Dans tous les cas précités la contagion a dérivé de rapprochements erotiques. Mais en voici d'autres où elle s'est produite dans des conditions toutes différentes et non moins curieuses, bien au contraire. Or, ces derniers surtout sont essentiels à connaître pour la prophylaxie privée. J'en citerai donc quelques exemples.

Une jeune femme avait la garde d'un tout jeune enfant issu de parents syphilitiques, syphilitique luimême et présentant aux fesses des accidents secondaires en pleine suppuration. Comme il lui arrivait fréquemment de prendre cet enfant dans ses liras, alors même qu'il était sans pansement, et de le porter sur son avant-bras nu, elle contracta de la sorte un chancre

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de V avant-bras, et cela exactement au point où, dans cette attitude, les fesses de l'enfant reposaient sur la région moyenne de la région radiale.

Dowse a raconté l'histoire toute semblable d'une fillette de neuf ans qui, s'étant prise d'amitié pour un petit enfant étranger, contracta de lui la syphilis dans les conditions suivantes. Elle jouait avec lui « à la petite maman », le tenant constamment dans ses bras comme une nourrice tient son nourrisson. Or, son ayant-bras fut souillé par le pus de plaques muqueuses que l'enfant avait à l'anus, et devint le siège d'un chancre de V avant-bras, lequel fut l'origine d'une effroyable syphilis maligne suivie de mort1.

Encore deux autres spécimens d'un genre différent.

Deux ouvriers fumistes faisaient lit commun par raison d'économie, quand l'un d'eux vint à être affecté d'un chancre syphilitique du méat uréthral. Or, le lit étant très étroit, l'un des co-locataires avait l'obligation de coucher sur Je côté. Dans cette situation, il arriva plusieurs fois que la verge du malade se trouva en contact avec la hanche ou la cuisse de son camarade. Si bien que ce dernier fut inoculé à la cuisse, exactement au niveau du grand trochanter . Il se produisit là un chancre des plus typiques, fortement induré, que nous avons dûment constaté et longtemps traité dans nos salles.

Histoire plus singulière encore. Un acrobate fut contaminé à la nuque par des plaques muqueuses vulvaires, en portant à califourchon sur ses épaules une jeune artiste de sa troupe. On conçoit, en effet, que, dans cette situation où la vulve était pesamment appliquée

i. V. The Lancet, 1877.

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sur le cou, la contagion trouvait pour s'exercer les conditions les plus propices.

Et ainsi de suite pour tant et tant d'autres exemples de ce genre, que vous trouverez relatés dans les journaux périodiques et les monographies spéciales.

B. — Mais, d'une façon bien plus fréquente, c'est la bouche qui, dans l'ordre de cas que nous étudions actuellement, sert d'agent de transmission.

La bouche, en effet, est plus vagabonde encore que la verge, et l'on ne connaît pas de limites à ses excursions. Elle va partout. Aussi bien a-t-elle transmis la contagion, peut-on dire, à tous les points du corps, et cela de la tête aux pieds. De la tête aux pieds, littéralement; car, d'une part, je vous ai déjà signalé des chancres du cuir chevelu dérivant du baiser, et, d'autre part, il existe quelques cas de chancre ayant affecté le pied. M. le Pr Leloir, par exemple, a relaté l'observation d'un jeune étudiant qui fut contaminé au pied, entre le quatrième et le cinquième orteil (sur un point où existaient des crevasses d'eczéma), « par les ardents baisers d'une jeune femme, habituée du bal Bullier1 ».

Et, quant aux intermédiaires entre ces deux points extrêmes, on ne compte plus les cas où ils ont subi les dangereuses souillures de la bouche.

C'est ainsi, pour préciser, que vous trouverez dans la littérature médicale quantité d'observations de chancres transmis par le baiser au cou, à la nuque, à la partie antérieure du thorax, au sein, à l'aisselle, au dos, à l'abdomen, à l'ombilic, aux fesses, aux aines, à la cuisse, à la jambe, au jarret, etc. Au hasard, je citerai comme spécimens :

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