‹ Les chancres extra-génitaux [electronic resource]Chapitre 91 sur 132 · QUESTIONS MÉDICO-LÉGALES. 37 I · texte numérisé non relu

QUESTIONS MÉDICO-LÉGALES. 37 I

d'une période d'augment, d'une période d'état, et d'une période de réparation cicatricielle.

Sa durée est variable tout naturellement, et cela suivant des conditions multiples d'étendue, de siège, de forme. morbide, de traitement, etc.

- En moyenne, elle oscille entre cinq, six et sept semaines. — Quelquefois (mais rarement) elle est: plus courte. Ainsi, l'on a vu de. petits chancres mammaires se cicatriser en quatre semaines. — Bien plus souvent elle est plus longue (deux à trois mois), surtout dans le cas de chancres ulcéreux.

Deux points médico-légaux. — Deux points particuliers intéressent ici la médecine légale, qui a si souvent à s'occuper du chancre mammaire à propos de procès entre nourrices et familles de nourrissons syphi-

d'ioçloforme, dont on recouvre abondamment toute l'étendue des parties ulcérées. — Bains tous les deux jours. — Sirop d'iodure de fer.

Du io au i5 juillet, une amélioration surprenante se produit. Le fond des ulcérations change absolument d'aspect. Il se déterge, élimine ses enduits pultacés, et offre l'aspect d'une plaie rougeàtre, bourgeonnante.

Le même traitement est continué. — En plus, on commence l'administration du proto-iodure d'hydrargyre, aux doses de 5 à 10 centigr. par jour. . ...

Ultérieurement, l'état des ulcérations ne fait plus que s'amender d'une façon très active. Les deux plaiès bourgeonnent rapidement, s'exhaussent et se comblent. Le- processus réparateur se continue, et une cicatrisation définitive est obtenue dans les derniers jours du mois.

A cette même époque commencent à se manifester des symptômes d'ordre secondaire : lassitude générale, maux de tête, taches érythémateuses du thorax. — Là malade néanmoins, se jugeant guérie, veut absolument nous quitter. Nous essayons vainement de la'rë'teïrir, et elle sort de l'hôpital le 28 juillet." . ' . ' r

.J'ai appris, depuis lors, qu'au mois de septembre celte femme était rentrée dans un" autre service de. l'hôpital aveè des accidents graves de syphilis, notamment avec une syphilide ulcéro-croûteuse couvrant toute la face et le crâne. f . ' •' »

(V. Deux eus rares de chancres syphilitiques mammaires, Note lue à la Société médicale des hôpitaux de Paris. Union médicale, 1878; t. I, p. ly'J.)

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litiques. Ces deux points ont trait à la durée de l'induration chancreuse et à la cicatrice du chancre.

Notons ceci, tout d'abord, comme préambule. Dans les procès de ce genre (j'en sais quelque chose pour avoir été mêlé maintes fois à ces sortes d'affaires), l'expertisé médico-légale, qui constitue la base du jugement à intervenir entre les parties, arrive presque toujours en retard et trop tard. Le plus souvent, en raison de circonstances diverses que je n'ai pas à dire, notamment en raison des lenteurs usuelles de la procédure, la nourrice ne se présente à l'expert qu'à l'époque où son chancre est déjà cicatrisé de vieille date. Dans ces conditions, donc, l'expert ne voit pas le chancre. Néanmoins lui reste-t-il quelque moyen d'apprécier si un chancre s'est produit sur le sein, et cela de par quelque signe posthume de ce chancre? Voilà la question.

Eh bien, oui et non, suivant les cas. Car le chancre laisse quelquefois à sa suite deux signes « posthumes », à savoir son induration et sa cicatrice.

Mais que valent ces deux signes? Sont-ils constants? Combien de temps durent-ils? Quelle valeur positive s'y rattache? Et, dans les cas où ils font défaut, quelle interprétation donner à leur absence? Tels sont les problèmes qui s'imposent à l'expert en pareille occurrence. Voyons ce que nous apprend la clinique à leur sujet.

L — Comme fait habituel, Yinduration survit à la cicatrisation du chancre mammaire, et cela pour un temps plus ou moins long, temps essentiellement variable d'après la forme qu'a affectée Je chancre et aussi d'après le degré de développement qu'a atteint le néoplasme.

Ainsi le chancre usuel, dans ses formes érosive, papuleuse et sub-uleéreuse, laisse à sa suite une indura-

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tion parcheminée, laquelle i° persiste et persiste bien accusée pour plusieurs semaines (cinq, six, huit semaines environ), et 20 peut encore, à un degré plus ou moins atténué, être perçue après trois ou quatre mois.

Au chancre à gros néoplasme (forme beaucoup plus rare, comme nous l'avons vu) succède un noyau d'induration plus volumineux et plus durable, lequel est encore aisément appréciable après plusieurs mois. Je citerai comme exemple le fait d'une de nos malades qui, affectée d'un chancre de cet ordre en février, portait encore au sein dans le mois de juin (donc quatre à cinq mois plus tard) un noyau d'induration parfaitement net, bien accusé, très significatif, et destiné à subsister encore un certain temps.

Cette survie usuelle de l'induration, à divers degrés, peut donc être fructueusement utilisée par le médecin légiste en tant que témoignage posthume du chancre.

Mais, d'autre part, ce qu'il n'est pas moins essentiel d'ajouter, c'est qu'à la suite de certains chancres mammaires, notamment (et rien de plus naturel) à la suite des chancres superficiels et petits, l'induration s'évanouit souvent d'une façon rapide, très rapide, beaucoup plus hâtive qu'on ne serait tenté de le supposer. J'ai vu des cas où, quinze jours après la cicatrisation de tels chancres, il ne subsistait presque plus d'induration, au moins d'induration significative, permettant de servir de base à un diagnostic rétrospectif.

II. — Second point. — Toujours le chancre mammaire laisse à sa suite, lorsqu'il vient de se cicatriser, une macule d'un rouge sombre; c'est forcé. — Or, cette macule s'efface rapidement, sur le mamelon et l'aréole. Mais, sur le globe mammaire, elle est bien autrement persistante; et, de plus, elle dégénère là en une tache

CHANCRES DU SEIN

brunâtre, bronzée, puis grisâtre, qui ne s'efl'ace complètement qu'avec une grande lenteur, parfois même au prix d'années.

Quant à un véritable stigmate cicatriciel, se traduisant par une empreinte déprimée, avec irrégularités de surface, état chagriné et gaufré de la peau, oui ou non. le chancre mammaire laisse-t-il à sa suite quelque chose de semblable ? Voilà ce que demande la médecine légale.

Eh bien, oui et non, suivant les cas. Précisons :

i° Oui, pour certains cas qui, à la vérité, ne forment que la minorité en l'espèce, à savoir : cas de chancre phagédénique; — cas où le mamelon a été partiellement détruit; — cas où le chancre a affecté une forme décidément ulcéreuse; — et de même'encore. pour certains cas assez communs où, bien que n'ayant été ni très étendu ni très crëux, le chancre a attaqué le mamelon à sa base en forme de rhagade ulcéreuse. Dans ce dernier ordre de faits (je signale ce point aux médecins légistes), il n'est pas rare de retrouver à la base même du mamelon une petite cicatricule en forme de grain de blé ou de pépin de poire, cicatricule un peu déprimée, légèrement décolorée ou plutôt teintée en rose gris, en rose sombre, et se dénonçant surtout à l'attention par sa surface lisse qui fait contraste avec l'aspect chagriné du mamelon. (Je dois prévenir toutefois que cette cicatricule peut ne pas s'imposer à l'œil de prime abord; tout au contraire il faut souvent la chercher avec quelque soin, voire à la loupe, pour la découvrir.)

2° Non, pour la grande majorité des cas (7 ou 8 fois sur io en moyenne). Le fait de beaucoup le plus usuel est que le chancre mammaire, clans ses types courants, ne laisse pas après lui de cicatrice vraie, de cicatrice avec dépression, état gaufré et irrégulier des téguments.

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