DIAGNOSTIC. MALADIE DE PAGET
mois (sauf exceptions rares) pour aboutir à créer une lésion comparable à ce qu'est un chancre à peine âgé de quinze jours.
20 Adénopathie presque immédiate (relativement) avec le chancre, c'est-à-dire déjà appréciable vers le huitième jour, en tout cas bien constituée vers le milieu et la fin du second septénaire. — Avec l'épithéliome, adénopathie tardive, infiniment plus tardive.
3° Enfin, critérium formel et de dernier ressort : avec le chancre, explosion secondaire, se produisant six à sept semaines après les premiers phénomènes morbides, ou quelquefois un peu plus tard; — rien de semblable avec l'épithéliome.
De tels signes excluent la possibilité d'une erreur.
En tout cas, est-il besoin de dire combien serait condamnable une intervention chirurgicale qui (comme il a failli s'en produire) devancerait l'invasion possible d'une syphilis secondaire succédant à un chancre méconnu?
III. — A la rigueur, une confusion se comprendrait encore avec un début de Maladie de Paget. Comme exemple, je rappellerai un cas de Snow1, où le diagnostic de maladie de Paget fut porté à propos d'une ulcération du sein, laquelle n'était rien autre qu'un chancre.
Et, en effet, la maladie de Paget peut débuter, à l'instar du chancre, par une lésion croûteuse servant de couronnement à une petite ulcération légèrement rénitente de base.
Mais l'extrême lenteur de l'évolution, la présence des
1. V. Britisli med. Journal, 16 dcc. 1882; — Dr L. Wickhain, Maladie de la peau, dite Maladie de Paget, Thèses de Paris, 1890.
CHANCHES DU SEIN.
« coccidies », l'absence d'adénopathie et de manifestations secondaires constitueront des signes ultra-suffisants pour tenir à l'abri d'une semblable erreur.
IV. — Enfin, voici une dernière confusion possible, mais celle-ci exclusivement relative à la forme ulcéreuse, profondément ulcéreuse, voire presque phagédénique, du chancre mammaire.
Voyez quelles analogies, quelles similitudes objectives présentent ces deux belles pièces de notre musée (pièce n° i56 de ma Collection particulière, et pièce n° 536 de la Collection de M. le Dr Péan). A première vue, comme après examen minutieux, on croirait qu'il s'agit là de lésions de même ordre reproduites par l'une et par l'autre, et telle est en ce moment, j'en suis sûr, votre propre impression.
Eh bien, cette pièce (n° i56) représente des chancres mammaires de forme térébrante, et celte autre (n° 536) une syphilide gommeuse ulcérative. Ce qui, par parenthèse, démontre une fois de plus la vérité d'une remarque que bien souvent j'ai soumise à votre attention, à savoir : possibilité d'une ressemblance, voire d'une quasi-identité objective entre le chancre de tvpe ulcéreux et certaines syphilides gommeuses circonscrites que, pour celte raison, j'ai qualifiées du nom de syphilides gommeuses chancri formes.
Donc, à s'en tenir aux signes d'objectivité, une confusion serait possible entre le chancre ulcéreux et la syphilide gommeuse circonscrite ou chancriforme. Mais elle sera facilement écartée, si l'on s'en réfère aux trois considérations suivantes :
DIAGNOSTIC. — SYPHILIDE GOMMEUSE.