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B. Antisepliques.
a) Camphre. — Médicament le plus anciennement employé, le camphre seul perd aujourd’hui de sa vogue. On ne le trouve plus qu’associé à Piodoforme (Perez-Orüis) à l'acide phénique (Rühi) ou à l’acide salicylique (Masson).
b) Zodoforme. — Aussi en honneur que le camphre, l’iodoforme lui à survécu dans la thérapeutique du chancre mou. Il doit être employé de préférence en poudre, car en pommade son action parait parfois infidèle, et en tout cas moins rapide.
Lorsque la localisation du chancre rend difficile Papplication de la poudre, on emploiera la pommade au 1 /5.
c) Tarlratre ferrico-polassique. — En solution au 1/5 (Ricord); vu au 1% (Dubreuilh).
d) Teinlure d’iode. — Avoir bien soin avant de faire le badi-
geonnage 1odé, de faire un décapage à l’éther (Pr Petges).
e) Arséniale de soude. — Gombeau.
f) Enfumage iodé: « Cest le badigeonnage, ou l'injection d'iode à l’état de vapeurs, en thérapeutique locale » (Lougé).
En 1912-1913;-M. le Professeur Petges avait, avec M. le professeur Dubreuilh, expérimenté cette méthode : les résultats obtenus furent excellents.
, eb C'est ainsi que notre maître, M. le professeur Petges, soigna une série de 236 chancres mous. (156 simples ; 80 compliqués de bubons), de 1917 à 1918, et obtint toujours d'excellents résultats.
Quelles sont les indications de l’enfumage iodé « Tous les chancres mous, y compris ceux du méat urinaire et sous-préputiaux ; les bubons chancrelleux largement ouverts par inci-
Depuis la guerre, de nombreux cas ont été traités
sion classique ; la forme de chancre mixte » (Pr Petges).
Appareil. — Ballon préconisé par M. le professeur Petges. « Appareil improvisé, composé d’un ballon en verre de pharmacie d’une contenance de 70 à 100cm; d’un bouchon à deux trous, de deux tubes de verre coudés : l’un effilé pour la sortie, l’autre, amenant l'air, doit descendre assez bas pour ne pas refroidir les vapeurs d’iode à leur entrée dans le tube éjecteur par la projection directe de l’air froid sur son ouverture intérieure ; une lampe à alcool et une soufflerie de thermocautère complètent l’organisation de l’appareil. »
Mode d’emploi : « Mettre une cuillerée à soupe environ d’10doforme dans le ballon. Placer le bouchon de la soufflerie, chauffer le ballon. Après quelques instants, les vapeurs d’iode sortent par le tube effilé qu’il importe de chauïfer au préalable, pour éviter les condensations d’iode sur un tube droit et refroidi; l’iodoforme devient bleu noir, laisser le ballon se remplir de vapeurs, et souffler légèrement à petits coups de poire. Les vapeurs d’iode jaillissent. Continuer à chauffer en soufflant et quand elles atteignent une longueur de projection de 10 à 15 centimètres cnfumer la lésion.
Faire saillir le chancre pour bien mettre le fond et les bords
en évidence. Diriger le jet de vapeurs sur la surface et les replis, Jusqu'à arriver à une teinte jambon fumé. Traiter ensuite la muqueuse ou la peau voisine pour désinfecter et éviter les ensemencements du chancre. Saupoudrer le chancre à la poudre d’iodoforme et panser » (PT Petges).
M. le professeur Petges insiste sur ce fait, qu’il est indispensable, pour que l’enfumage soit efficace, de déterger soieneusement avec de l’éther. «Ce nettoyage est capital. » L’avantage de cette méthode est qu’elle peut être employée contre tous les chaucres, quelle que soit leur localisation. De plus, « l’enfumage iodé guérit imcontestablement plus vite que l’iodoforme employé seul » (PT Petges).
Certains auteurs, avec Longe, prétendent qu’il ne faudrait pas compter sur lui pour le bourgeonnement des plaies : une réserve doit être faite, en ce qui concerne les chancres mous de la peau. Chez ces derniers, les vapeurs d’iodoforme seraient kéraloplastiques, action d’ailleurs signalée par différents auteurs, dans le traitement des plaies de guerre.
Agents Physiques Chaleur.
a) Eau chaude. — Dès 1875, Simmons traite les chancres phagédéniques par l’immersion dans l’eau chaude. Aubert vulgarise la méthode, et en arrive à tenter le bain chaud général, qu'il reconnut d’ailleurs être insupportable et tout à fait insuffisant.
Arnozan et Vigneron (1891) préfèrent les bains locaux lorsqu'ils sont possibles : ils les donnent à 400 pendant une heure.
Balzer portait à 380-400 la solution de permanganate de potasse avec laquelle il faisait de lirrigation directe.
b) Air chaud. — Balzer se servait d’un thermocautère chauffé au rouge et coiffé d’un manchon métallique dont l'extrémité est percée d’un petit orifice.
Avant lPapplication, il est nécessaire de badigeonner avec une solution de cocaïne la surface du chancre, puis il en ap-
proche un couteau de thermocautère chauffé à blane pendant 10 à 15 minutes.
c) Thermo-caulérisation. — À été conseillée à tous les stades du traitement, notamment au début, comme traitement aborüf et lorsque l’ulcération montrait une tendance au phagédénisme.
Traitement chirurgical
Il fut longtemps délaissé par crainte de la réinoculation des bords de la plaie.
Le raclage du chancre fut pratiqué par Petersen, Marc Lee Stépanoff. Mais ce n’est que Mina qui en 1898 parle le premier d’excision complète : après nettoyage sérieux par un antiseptique, 1l congèle par du chlorure d’éthyle, et excise le disque congelé sur une épaisseur de 2 è 3 millimètres. On fait ensuite un ou plusieurs pansements à l’iodoforme. Mina ne voyait comme contre-indication que le siège : sillon balano-préputial ; méat; chancres céphaliques. Ce traitement a été préconisé de nos jours par le Pr Escat de Marseille «Le phagédénisme, dit-1l, est le résultat de l’inertie chirurgicale ». La technique diffère en ce sens qu’il procède par une cautérisation totale des tissus malades, sectionne ensuite en passant en tissus sains, et suture immédiatement. La guérison se ferait par première intention, et la réinoculation des bords de la plaie serait très rare.
Les Vaccins spécifiques
Vaccin de Nicolle.
Ch. Nicolle conseille, pour faire la récolte microbienne, de prendre un tube de gélose au sang, ayant séjourné, de vingtquatre à trente-six heures à l’étuve, d'ajouter de l’eau physiologique stérile, et de frotter très doucement la surface avec une pipette courbe.
Pour rendre l’émulsion homogène, il procède par broyage et centrifugation successifs.
L'’émulsion dernière sera placée dans la glacière en tube vertical, et après un repos de douze heures on décante et on
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utilise seulement le liquide de surface. I faut alors lui donner un taux de dilution fixe : on procède par colorimétrie, on ajoute de l’eau physiologique jusqu’à l'obtention d’un liquide «ayant l’opacité de l’émulsion du bacille typhique utilisée dans la pratique des séro-diagnostics et qui correspond à un Litre de 450 millions de bacilles typhiques ». |
Cette émulsion dite normale servira à la pratique de l’intradermo-réaction.
Pour obtenir lémulsion servant à la vaccinothérapie, on y ajoute son volume d’eau physiologique. Elle est dite : heminormale.
On ajoute à ces émulsions 2% d’acide phénique pur, et elles seront conservées à la glacière.
Technique : Prendre pour le traitement de la chancrelle, lemulsion semi-normale, à raison de 1/2 à 3em° et à doses croissantes.
Les injections se font par voie endoveineuse, et espacées de deux en deux jours Toutefois la deuxième injection sera pratiquée quand la fièvre occasionnée par la première aura disparu depuis vingt-quatre heures.
La première sera de 1/2em% et on augmentera de 1 /2cm° àchaque injection jusqu’à 3cm?.
Quelques accidents légers suivent la première injection une heure après, frissons, élévation de température (39-400); céphalée. Le lendemain, nouvelle poussée thermique moins accentuée, qui descendra en lysis au 2e ou 32 Jour.
Les injections suivantes s’accompagnent généralement de réactions beaucoup moins violentes. Les phénomènes réactionnels sont d’autant plus marqués, que la lésion est plus ancienne où compliquée de bubon. Les résultats qui au début, avaient paru très satisfaisants, semblent depuis ces dernières années être moins brillants. Et les auteurs sont d'accord pour conclure que :
L'action sur le chancre est inconstante.
L'action sur le bubon est beaucoup plus nette;
C'est ainsi qu'au stade non fluctuant 100% de guérisons ; au stade fluctuant 87% de guérisons.
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Si bien que dans les chancres simples, le traitement local sera employé, réservant la vaccinothérapie antistreptobacillaire pour les chancres compliqués de bubon. Antigénothérapie de Rivalier.
Rivalier préfère au vaccin de Nicolle un antigène dont la spécificité lui paraît plus grande.
Préparation de l’'antigène : Pour l'isolement du bacille, on emploie soit le milieu de Ch. Nicolle et Reerstierna (gélose au sang de lapin défibriné) soit le milieu de Durand (gelose au sang de mouton défibriné). Dès le troisième repiquage il est possible de cultiver le bacille sur de la gélose à laquelle on incorpore un tiers de son volume de sang humain défibriné,
La conservation est faite sur un milieu constitué d’un mélange à parties égales de bouillon et de sérum de lapin. Après quarante-huit heures d’étude, les tubes sont abandonnés à la température du laboratoire.
Pour rendre les cultures plus abondantes on ajoute au milieu, une macération de haricots secs dans trois fois son volume d’eau distillée.
L’antigène sera obtenu en utilisant soit la lyse des microbes à chaud dans une solution de soude, soit la technique analogue à celle de Besredka, pour la préparation des endotoxines microbiennes : « Les corps microbiens retenus et désséchés dans le vide sulfurique sont pesés à l’état sec et additionnés de chlorure de sodium desséché dans une proportion de 40%. Le mélange est soigneusement broyé pendant une heure dans un mortier d’agate; on ajoute à la poudre obtenue de l’eau distillée neutre en quantité telle que la suspension devienne isotonique. L’émulsion est abandonnée vingt-quatre heures, à la glacière, puis centrifugée. Elle représente une solution neutre, opalescente de protéines microbiennes qui, Imjectées dans le derme des chancrelleux, permet d’observer avec le maximum d'intensité la réaction cutanée spécifique. »
Le produit ainsi obtenu est Ja streptobacilline brute. Elle est formée de
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19 Nucléoprotéines, mal tolérées par l’organisme.
20 Globulines seules spécifiques. Ce sont ces dernières qui séparées des nucléoprotéines, donnent la streptobacilline purifiée, que l’on emploie dans le traitement du chancre mou et de ses complications. La voie intramusculaire ou endoveineuse sera employée à doses n’excédant pas lemÿ,.
Des phénomènes inflammatoires durables se produiront pendant deux ou trois jours, prolongeant ainsi l’effet thérapeutique, tout en étant bien tolérés.
Ces deux méthodes ont le Crès gros inconvénient d’obliger le malade à l’hospitalisation. En effet «les réactions générales ne peuvent la rendre utile au médecin praticien qui n’en fera qu’une méthode d'exception » (Le Coulant).
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