‹ Les chancres mous extragenitauxChapitre 6 sur 22 · GÉNÉRALITÉS · texte numérisé non relu

GÉNÉRALITÉS

Depuis la découverte de Schaudin et celle de Duerey-Unna on constate une diminution tranchée dans le nombre de cas de localisation extra-génitale du chancre mou.

Pétersen, sur 5.363 cas observés par lui, et sur 3.954 cas recueillis chez Ricord, Fournier et Debouge, en cite 96 d’extragénitaux. $1 on élimine les 83 cas où l'infection s’est produite bien qu'indirectement pendant le coït, il ne reste plus pour les chancres-mous extra-génitaux que 13 cas, c’est-à-dire 0,13 %.

Sur 2.084 cas observés par Gay chez l’homme, il constate 14 cas d’extra-génitaux alors que sur 325 observés chez la femme il y a 30 cas d’extra-génitaux ; Cheinisse, sur 3.956 cas pris dans une bibliographie française, cite 99 cas de chancre extra-génital.

Sinani et Chapiro, sur 2.858 cas observés à l'institut Glavtché en l’espace de 10 ans, ne citent que 4 cas d’extra-génitaux soit une proportion de 0,14 %,. Donc bien que le chancre mou soit remarquable par l’extrême virulence qu'il possède à s’inoculer rapidement, la localisation extra-génitale est malgré tout assez rare.

Etiologie. — Le chancre mou présente le caractère particulier aux affections virulentes de ne reconnaître en aucun cas d'autre genèse que la contagion.

« Si donc, dit Jullien, il arrivait par impossible, qu’à un jour donné, tous les sujets affectés de chancres simples s’abstinssent de rapports jusqu’à la guérison, la maladie s’éteindrait d’elle-même faute d'aliments ». La chancrelle est donc une affection purement vénérienne. Il en est de même de la chancrelle extra-génitale, qui dans la majorité des cas, peut

St PUS

être, soit une maladie vénérienne primitive, soit 1ne maladie vénérienne secondaire.

Le chancre mou extra-génital, maladie vénérienne primitive (pas de chancre génital), est une affection peu fréquente. On la rencontre presque exclusivement à la face, etreconnaît presque toujours pour cause des rapports génitaux buccaux.

Chatin cependant, cite le cas d’une femme atteinte de chancres simples de Ja joue, occasionnés par les égratignures d’une autre femme qui avait volontairement imprégné ses doigts de pus.

Yaucheck a présenté en 1913 à la Société de Dermatologie d’Odessa un chancre mou de la con miseure extoire de l’œi transmis par le cold-cream dont se servait en même temps, le mari contaminé pour en enduire l’ulcère se trouvant sur la verge et la femme pour s’en enduire le visage.

Frei communique le cas d’un malade, porteur d’un chancre mou, qui, au cours d’une querelle, a frappé à la racine du nez un malade atteint de blennorragie. Un chancre mou est apparu ultérieurement, sur la blessure consécutive au coup. Tous ces Cas sont certainement rares : et les observations de chancrelles extra-génitales primitives, que certains auteurs ont communiquées, avait plutôt un siège péri-génital, qu’extragénital. C’est ainsi que les chancres des régions anales et pubiennes sont relativement fréquents.

Le chancre mou extra-génital secondaire se rencontre beaucoup plus souvent. La co-existence d’un chancre génital est ici la règle. La contamination se fait au niveau d’une plaie de téguments, par grattage, vêtements souillés, objets de pansements,

C’est ainsi que dans une observation de Fournier nous voyons un malade contracter un vaste chancre du mollet, en grallant avec ses mains souillées de pus, une petite égraüignure qui s’y trouvait.

Gaucher cite le cas d’une auto-inoculation par grattage, chez un malade atteint de gale et phtiriase. Nous avons pu

relever l'observation d’une blanchisseuse partageant Ja chambre de huit prostituées et dormant dans leur lit souillé de pus. Elle voit apparaître une ulcération typique du genou avec présence de bacilles de Ducrey.

Mais quel que soit le mode de contagion, il faut, pour que l’ulcération chancrelleuse se produise, que le pus soit mis en contact avec une solution de continuité des tissus tégumentaires.

Enfin il nous reste les chancres extra-génitaux d’origine accidentelle : c’est surtout le cas des contaminations professionnelles des médecins, des sages-femmes, des infirmiers.

Tout cela nous indique, que le chancre mou extra-génital est peu fréquent, rare même. Son diagnostic devient donc difficile, d'autant plus difficile que l’on n’y pense pas, et que les caractères ne sont pas de ceux qui s'imposent.

Nous essayerons donc, dans les chapitres qui vont suivre, d'indiquer d’abord les signes des chancres mous en général et les signes particuliers à chaque catégorie.

Page 1