‹ Les Chancres Simples Extra-GénitauxChapitre 37 sur 51 · OBSERVATION XXXII · texte numérisé non relu

OBSERVATION XXXII

H. L..., 27 ans, garçon de magasin célibataire, se présente le 22 décembre 1898 à l’hôpital avec des chancres génitaux datant de 3 ou quatre semaines et qui avaient été traité jusque-là avec une solution de sulfate de cuivre. Il y a environ 8 semaines il se frappa avec un morceau de fer l'index droit qui enfla. Depuis la plaie faite suppura continuellement.

Etal présent. — Phimosis. Au bord du prépuce se trouvent tout autour de petits caancres à base molle, douloureux, minés à recouvrement jaunâtre et dont les dimensions variaient entre celles de grains de milet celles de petits pois. Dans la région inguinale gauche existe une éminence douloureuse grande comme un œuf de pigeon et recouverte de peau rouge foncée.

Sur la première phalange de l’index droit existe une pus-

tule de la grosseur d’un haricotet remplie de pus jaunâtre.

a te

Après enlèvement de cette pustule et du pus, on remarque un ulcère tout aussi grand, assez superficiel, à base véreuse, entouré d’un halo rouge foncé, à recouvrement jaunâtre. A l'avant-bras droit, Le long des voies lymphatiques, court un cordon rougeàtre qui se termine à la hauteur de la région cubitale droite, par un agrandissement de volume plat, s’élevant un peu au-dessus du niveau de la peau, irrégulièrement délimité, non fluctuant, infiltré, douloureux, rouge foncé, de dimension dépassant un peu celle d’une pièce de cinq francs. |

Dans un détritus pris à la surface du chancre du doigt, on observa au microscope des streptobacilles de Ducrey-Unna en assez petit nombre.

Traitement. — Nettoyage du chancre du doigt, pansement à l’iodoforme tous les deux jours. Après deux changements de pansements, le chancre était complètement recouvert de peau. La lymphangite et la lymphadénite reçurent un traitement antiphlogistique; le bras fut mis au repos complet, après quoi la lymphangite céda en peu de temps ; la lymphadénite existait encore le 12 janvier 1899 sous la forme d’un nodule de la grosseur d’une noisette, un peu mou, pas dou-

loureux avec desquamation de la peau avoisinante.

Scillag ajouté aux observations ci-dessus les réflexions suivantes :

Ces cas dont trois ont été observés en l’espace de 4 mois ont été présentés à la Société des hôpitaux de Budapest et à la Société des Dermatologistes et Urologistes hongrois comme des cas très rares. Mais nous ne pen- sons pas qu'il en soit ainsi, puisqu'on les a observés en

Chatin k

pe

l’espace dé quelques mois sans que le nombre des cas de chancres génitaux ait augmenté dans notre service d'hôpital.

On observera assez souvent de ces cas pour peu qu’on veuille, dans les cas de simples chancres examiner tout le corps et ne laisser passer sans les examiner, aucune des lésions qu’ils peuvent à l’occasion présenter, notamment les mains et les doigts, particulièrement exposés à Pauto-infection.

Dès que par l’examen bactériologique on a reconnu le chancre, on peut le traiter comme il doit l’être; l’examen permet ensuite de protéger les lésions existantes contre lPauto-infection par des pansements occlusifs etde mettre en garde les patients contre celles-ci.

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