‹ Les Chancres Simples Extra-GénitauxChapitre 47 sur 51 · OBSERVATION XLI · texte numérisé non relu

OBSERVATION XLI

(A. Fournier et Lœper. Annales de dermat., 1898).

Malade entre dans le service de M. le professeur Fournier pour une ulcération dela face postérieure de la jambe droite ayant tous les caractères d’une lésion syphilitique tertiaire: bords réguliers, circulaires à l’emporte-pièce, fond anfractueux recouvert d’un pus assez épais, réaction périphérique légère et peu étendue. Les lymphatiques de la partie interne de la jambe n’étaient pas engorgés et les ganglions de l’aîne, répondant aux vaisseaux du membre inférieur n'étaient point perceptibles.

Le malade affirmait n’avoir jamais eu de chancre induré ‘et ne présentait aucune are de syphilis héréditaire mais :l était porteur depuis deux mois, d’une couronne de chancres mous absolument typiques.

Il racontait que la lésion de la jambe avait suivi de 15 Jours environ celles de la verge, et qu’il s’était très probablement inoculé le pus chancreux au niveau d’une petiie érosion, soit par grattage, soit même par simple frottement de son pantalon souillé, Il s’aperçut en effet qu’une petite écorchure prurigineuse, qu’il portait à la jambe avait un jour changé complètement de forme et d’aspect, qu’elle était devenue cratériforme, Jaunâtre, puis avait atteint en deux semaines les dimensions qu’elle présente actuellement.

L'hypothèse émise par le malade était parfaitement plau-

sible, il n°ÿ avait plus qu’à la vérifier bactériologiquement.

Ar LE Les produits de râclage de l’ulcère furent colorés par la méthode de Nicolle : ils renfermaient le bacille de Ducrey et quelques cocci sans caractères. Ce micro-organisme, un peu renflé aux extrémités, peu coloré à la partie moyenne, et présentant par places la disposition en chainette, ne prenait pas le Gram. Inutile d'ajouter qu’il se trouvait identique au niveau de la verge.

On n’osa tenter l’inoculation au bras, vu le phagédénisme

de l’ulcération.

C'était donc bien au chancre simple du mollet dont le phagédénisme rapide s’explique par létylisme prononcé

du malade.

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