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cation particulière d'une autre beaucoup plus générale qu'on pourrait appeler la loi du maximum d'utilisation et qui porte la bonne monnaie, c est- à-dire la monnaie ayant la même valeur à l'extérieur qu'à l'intérieur, à émigré r vers les pays où on lui offre l'emploi le plus avantageux.
Grâce à la qualité qu'a l'or d'être pris dans le monde entier pour la même valeur, tous les pays à circulation d'or sont solidaires les uns des autres. La nappe d'or universelle est traversée de courants continuels dont l'importance et la direction varient sans cesse. Certains d'entre eux ont cependant une régularité relative et se reproduisent aux mêmes époques. On en trouvera un exemple dans les courants d'or entre les États-Unis et l'Europe, que nous étudions plus loin.
Quand un pays a un besoin particulier de numéraire, par exemple s'il prépare une vaste opération financière, il fait appel à l'or des pays étrangers, et, pour l'attirer, lui offre une rémunération plus avantageuse, ordinairement en élevant le taux de l'escompte. Il ne peut agir ainsi que sur la partie de la réserve métallique qui n'est pas absolument nécessaire à la circulation intérieure, car si une raréfaction trop grande se produisait, les prix baisseraient, provoquant des achats de marchandises de l'étranger et l'or refluerait de nouveau. Néanmoins, si les pays dont l'or est drainé n'y prenaient
garde à temps, ces crises de contraction monétaire pourraient devenir très douloureuses; mais on les prévient facilement en répondant à une élévation du taux de l'escompte sur un marché étranger par une manœuvre semblable sur le marché national.
La monnaie d'or subit donc, elle aussi, certaines fluctuations de valeur déterminées par les emplois plus ou moins avantageux qui lui sont offerts. Mais, comme nous l'avons vu, il est extrêmement facile de les rendre inoffensives.
3° Système à circulation d'argent stabilisée. — C'est là un système purement artificiel et qui consiste à obtenir la fixité de la monnaie d'argent au moyen d'expédients législatifs et économiques. Livrée à elle-même, la monnaie blanche tombe rapidement au rang d'une marchandise ordinaire, d'abord, à cause de l'abondance de l'argent qui permet des frappes bien supérieures aux besoins des transactions, ensuite, parce que les fluctuations qu'elle subit à l'extérieur ne tardent pas se répercuter sur la valeur intérieure, suivant le mécanisme que nous avons expliqué.
Or, il est possible de supprimer cette double cause d'instabilité. On a vu plus haut que le principal élément de la valeur à l'intérieur du
{>ays est la quantité de monnaie en circulation. 1 est donc facile, en raréfiant l'instrument d'échange, de lui faire attribuer une valeur su-
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périeure à celle du poids d'argent qu'il renferme et indépendante de celle-ci et même de la stabiliser complètement, en maintenant toujours une juste proportion entre la quantité de monnaie en circulation et le volume des transactions commerciales. La raréfaction, qu'on obtient par la démonétisation d'une partie des
!)ièces en circulation et la suppression de la rappe libre, a pour conséquence de relever peu à peu la valeur de la monnaie jusqu'à un taux fixé d'avance.
Voici sur quelles bases on s'appuie pour déterminer ce taux. En premier lieu, il doit être supérieur à la plus forte valeur atteinte, dans les dernières années, par l'argent métal, sans quoi une hausse ferait monter la valeur commerciale de la monnaie au-dessus de sa valeur d'échange et on la verrait disparaître rapidement, puisqu'il serait plus avantageux de l'employer en lingots qu'en pièces frappées. D'autre part, il y a lieu de tenir compte de la valeur moyenne pratiquement attribuée à la monnaie, valeur qui n'est pas forcément identique à celle de l'argent métal car la dépréciation est progressive et n'arrive pas au maximum du jour au lendemain. La fixation d'un taux beaucoup plus élevé que la valeur courante de la monnaie entraînerait de graves inconvénients. D'abord, il serait nécessaire de provoquer une raréfaction beaucoup plus considérable et, ensuite, un tel changement dans la valeur de l'instrument
d'échange ne serait pas sans léser, plus ou moins gravement tous ceux qui ont contracté des engagements à terme, de quelque nature qu'ils soient. Tels sont les deux éléments qui doivent être pris en considération dans le calcul de la valeur attribuée à la monnaie stabilisée.
Si, plus tard, le développement du commerce élargissait les besoins de numéraire et faisait craindre une crise de contraction qui aurait pour conséquence une hausse de la monnaie au-dessus de sa valeur nominale, on y remédierait facilement au moyen de frappes supplémentaires.
Mais toutes ces mesures seraient inutiles si Ton ne préservait pas la monnaie de la dépréciation qui l'attend à l'extérieur. Le seul moyen consiste à faire les remises à l'étranger autrement qu'avec la monnaie nationale. Le procédé ordinaire est la formation d'une réserve d'or que l'on dépose sur les grandes places ordinairement créditrices du pays. Lorsque tout le papier de change né des opérations internationales est épuisé, on règle le solde débiteur en tirant des traites sur la réserve d'or constituée à l'étranger.
Ce système est donc tout empirique, car il repose sur une mesure législative et sur une raréfaction artificielle de l'instrument d'échange . Il est à la merci d'un gouvernement ignorant ou peu scrupuleux et l'entretien d'un fonds d'or à l'étranger exige des dépenses plus ou moins
considérables suivant l'étendue du déficit économique.
Il n'en constitue pas moins une excellente transition entre le monométallisme argent et le monométallisme or, pour les pays qui ne peuvent pas faire immédiatement la lourde dépense Îu'exige l'établissement d'une circulation d'or. !'est là son rôle véritable. On ne pourrait raisonnablement le considérer comme un système définitif. En effet, si la balance générale des paiements est défavorable et que la situation ne s'améliore pas, les dépenses considérables que provoquent tous les ans les remises d'or à l'étranger finissent par endetter le pays qui, par définition, ne doit pas être très riche. Si, au contraire, elle est favorable, l'or afflue et permet, au bout d'un temps plus ou moins long, l'adoption effective de l'étalon d'or.
C'est donc un système qui convient très bien aux pays en voie de grand développement économique. Il leur permet, sans s'endetter, d'avoir une monnaie stable, condition essentielle d'un développement supérieur. Les dépenses qu'ils font pour l'entretien du fonds de réserve en or diminuent à mesure que leur situation s'améliore. Si elles ne cessent jamais c'est que, même lorsqu'en fin de compte la balance des paiements est devenue favorable, il est possible qu'à certaines époques de l'année, un déficit momentané oblige une petite quantité d'or à émigrer, mais elle est toujours infé-
rieure à celle que la situation générale de créancier de l'étranger fait rentrer dans le pays. On peut ainsi constituer à l'intérieur une réserve de métal jaune qui permettra, à un moment donné, de remplacer la monnaie d'argent par une circulation d'or.
Les systèmes dont nous venons d'examiner le mécanisme sont les systèmes à changes normaux. Nous allons étudier maintenant les systèmes à changes dépréciés.
3° Systèmes à change déprécié. — Ce sont tous ceux qui ne remplissent pas les conditions que nous avons énumérées. Les différents types en sont trop connus pour qu'il soit nécessaire d'en faire une description minutieuse.
Comme, seule, une circulation d'or se défend d'elle-même, sans mesure législative restreignant la frappe et réglementant les remises à l'étranger, tous les systèmes reposant sur un autre principe et non réglementés sont à change déprécié.
On peut les diviser en deux catégories : systèmes à circulation métallique et systèmes à circulation de papier inconvertible. Les premiers offrent des types assez complexes comme ceux de la Chine et de l'Indo-Chine que nous étudierons à part, mais les plus ordinaires sont ceux qui reposent sur l'étalon d'argent, qu'ils soient monométallistes, ou, qu'ayant été théoriquement bimétallistes, l'or ait été chassé de la circulation par la dépréciation de l'argent.
Nous ne voulons pas revenir sur l'avilissement du métal blanc qui est peut-être le fait le plus considérable de toute l'histoire monétaire et dont la description a été faite cent fois. L'argent, n'ayant pas, comme l'or, des emplois artistiques et industriels presque illimités, mais trouvant, au contraire, son principal débouché dans la fabrication des signes monétaires, l'énorme accroissement dans la production de ce métal, a eu pour résultat une augmentation exagérée de la quantité de monnaie en circulation. Les pièces d'argent, devenues trop abondantes comme instrument d'échange, perdirent leur valeur nominale. Tombées au rang de simples lingots, elles suivent, à peu de chose près, les cours de l'argent-métal et les petites variations que peuvent leur faire subir les influences normales du change se perdent dans les vastes oscillations du marché de l'argent.
La dépréciation et l'instabilité des systèmes à circulation de papier ont leur source dans l'inconvertibilité des billets. Les fluctuations de leur valeur tiennent à la probabilité plus ou moins grande de la reprise des paiements en espèces. Et celle-ci dépend de mille causes : la situation politique, l'attention que le gouvernement accorde aux questions économiques, le crédit de l'État, s'il s'agit de billets d'État, la politique de la Banque d'émission, s'il s'agit de billets de banque, etc.. L'imagination populaire aidant, les fluctuations sont ordinaire*
ment beaucoup plus considérables que celles de la monnaie métallique dépréciée, toujours limitées par la valeur de l'argent qui, bien que fort instable, constitue cependant une base plus solide que les éléments purement moraux qui servent à apprécier la valeur du papier.
Quelle que soit l'origine de la dépréciation, les effets sont les mêmes.
Nous distinguerons ceux qui résultent de la dépréciation elle-même et ceux qui proviennent de l'instabilité de l'unité monétaire. Les premiers sont graves, mais ils ont une tendance à s atténuer et même à disparaître complètement, au moins dans le cas d'une circulation d'argent. Les seconds, au contraire, sont inhérents à la nature même de la monnaie et ne peuvent disparaître que par une réforme. Nous allons les étudier séparément.
Effets db la. dépréciation. — Ceux-ci reposent entièrement sur le fait que si la dépréciation se fait sentir immédiatement à l'étranger, la monnaie malade n'en garde pas moins, pendant un certain temps, toute sa puissance d'achat à l'intérieur du pays. La solidarité des marchés intérieur et extérieur ne se manifeste, en effet, que peu à peu et le mécanisme de la dépréciation successive ne joue pas du jour au lendemain, mais avec une rapidité qui varie suivant le rôle qu'occupent les importations dans la vie économique du pays. Pendant une période plus ou moins longue, la monnaie
se trouve donc avoir deux valeurs différentes, suivant qu'on l'emploie à l'intérieur ou à l'extérieur et ce phénomène affecte diversement ceux qui reçoivent des remises de l'étranger et ceux qui au contraire sont obligés d'y faire des paiements.
A. Situation de ceux qui reçoivent des remises de l'étranger. — Ce sont, avant tout, les exportateurs et leur situation est privilégiée, car, continuant à payer leur main-d'œuvre et, souvent même, leur matière première, en monnaie dépréciée, ils reçoivent, en échange des produits vendus à l'étranger, de l'or qui n'a rien perdu de sa valeur.
C'est la fameuse prime à l'exportation, qu'on parait maintenant avoir ramenée, après beaucoup de discussions, à d'assez justes proportions. On l'envisage cependant encore, comme nous l'exposerons tout à l'heure, d'une manière trop optimiste.
On a établi indiscutablement qu'elle n'était ue temporaire, car, les prix, sous l'influence es échanges internationaux, finissent par se réajuster à la nouvelle valeur de la monnaie, en sorte que le pays dont le système monétaire a été ébranlé finit, au moins théoriquement, par se retrouver dans un état normal, avec cette seule différence que son unité d'échange a une moindre valeur qu'auparavant. Mais qu'importe, puisque les prix se sont élevés à peu près dans la même proportion !
Ce n'est pas à dire cependant, que ce réajustement soit complet et définitif, caria valeur de la monnaie continue à subir des fluctuations suivant l'état du marché de l'argent ou suivant les causes innombrables qui agissent sur le cours du papier-monnaie, mais, enfin, il est suffisant pour anéantir la prime à l'exportation. L'écart entre la valeur réelle en or des marchandises et leur prix exprimé en monnaie dépréciée se rétrécit de plus en plus et finit par devenir trop petit pour procurer à l'exportateur un bénéfice de change (i).
La prime à l'exportation est donc purement temporaire, mais ses effets, même passagers, ont été et sont encore très discutés. Il serait assez piquant que les changes dépréciés portent en eux-mêmes leur propre remède et qu'en contribuant à rendre favorable la balance économique, ils provoquent un afflux d'or propice à la réforme monétaire. Sans aller jusque-là maintenant, on est encore assez porté à admettre que la période, souvent fort longue, pendant laquelle les exportations reçoivent cet excitant artificiel exerce une salutaire influence sur l'orientation économique du pays.
La question est très discutable et on ne sau-
(i) Ce réajustement est, en principe, beaucoup plus difficile dans les pays à circulation de papier. En effet, la chute de l'argent, pour profonde qu'elle ait été, a affecté cependant une certaine régularité tandis que la valeur du papier-monnaie subit très souvent des soubresauts formidables.
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rait y répondre d'une manière générale. Tout dépend des ressources naturelles du pays, de ce qu'on pourrait appeler sa vocation économique. Si celle-ci est très simple et très claire, comme il arrive lorsque de grandes étendues de terrains fertiles, un climat propice, la pénurie de richesses minières, prédestinent un peuple à l'agriculture, la prime à l'exportation poussera vraisemblablement son activité productrice dans un sens favorable et pourra aider très sérieusement à son développement économique. Mais si la situation est plus complexe, si les aptitudes sont plus variées, il y a de grandes chances pour que cette prime soit un élément de trouble et n'intervienne que pour fausser les conditions normales de la production.
En effet, les industries dont les débouchés principaux se trouvent à l'intérieur sont abandonnées fatalement pour les industries d'exportation. On voit naître des entreprises malingres et se prolonger indéfiniment des affaires épuisées qui ne subsisteraient pas, si les bénéfices qu'elles retirent du change ne soutenaient leur existence artificielle, aux dépens d'industries plus saines qui manquent de capitaux.
La conséquence la plus dangereuse de cet état de choses est la création de toute une catégorie de producteurs, souvent peu intéressants )ar eux-mêmes, et qui ont un intérêt direct à a dépréciation de la monnaie. Ce sont eux qui s'opposeront de toutes leurs forces aux tenta-
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tives sérieuses de réforme et les cas particuliers que nous étudierons plus loin montreront que c'est là souvent un des obstacles les plus sérieux que rencontre l'établissement d'un régime monétaire satisfaisant.
Loin de soutenir, comme on l'a fait, que la dépréciation du change crée un état favorable au développement économique du pays, on voit que les effets de la prime à l'exportation sont plutôt nuisibles dans la plupart des cas, tant par la déformation qu'elle imprime à l'activité industrielle, que par les conflits d'intérêts qu'elle fait naître entre les exportateurs et ceux qui ont des remises à faire à l'étranger.
B. Situation de ceux qui font des remises à l'étranger. — Elle est exactement l'opposé de la situation des exportateurs. Obligés de faire leurs paiements extérieurs en or, ils perdent toute la différence qui existe entre la valeur nominale de la monnaie et le taux pour lequel elle est acceptée à l'étranger.
Cette classe sacrifiée comprend des catégories souvent plus intéressantes que les exportateurs dont nous venons de parler. Ce sont d'abord les importateurs, et parmi ceux-ci, il faut accorder une attention spéciale aux industries de transformation obligées de faire venir du dehors leur matière première. Si l'équilibre reste longtemps rompu entre les deux valeurs de la monnaie, elles peuvent être acculées à la raine. La situation est particulièrement
grave pour les pays dont le capital consiste moins dans les richesses naturelles que dans l'intelligence et l'activité de ses nationaux. On conçoit, par exemple, ce que des nations, comme la France et l'Angleterre, perdraient à une dépréciation de la monnaie.
Avec les industries de transformation et tous ceux qui achètent à l'étranger, sont lésés ceux qui y ont emprunté et doivent faire en or le service de leur dette. Cette catégorie comprend ordinairement l'Etat et les grandes sociétés industrielles, en parculier les compagnies de chemin de fer. Et l'on peut dire que, pour eux, les effets de la dépréciation n'ont pas de fin, car les impôts et les tarifs de transports se réajustent bien difficilement à la nouvelle valeur de la monnaie.
Effets de l'instabilité. — Si cette valeur, après être tombée plus ou moins profondément, s'arrêtait dans sa chute et se fixait à un taux plus bas qu'auparavant, le mal se réparerait de lui-même après la crise momentanée causée par la dépréciation. Malheureusement toute monnaie dépréciée est en même temps une monnaie capricieuse, dont la valeur suit les fluctuations de l'argent métal, s'il s'agit d'une circulation métallique, ou varie suivant les circonstances les plus diverses s'il s'agit d'une circulation de papier.
Le premier effet de 1 instabilité est d'empêcher le réajustement exact et définitif des prix
à la valeur des choses. Gomment se produiraitil, en effet, si précisément la commune mesure, le tertium comparationis est incertain et affolé?
Le commerce d'importation, déjà troublé par la dépréciation, est rendu excessivement précaire par l'instabilité. Suivant l'expression de Goschen, l'opération commerciale se complique alors d'une spéculation sur le change. L'importateur, qui achète un objet à l'étranger ioo francs, ne sait pas combien il le revendra dans son pays : il espérait en tirer 1 4o pesetas et il aurait fait une bonne affaire, mais le change ayant baissé, il n'en tire que i3o, et l'affaire devient mauvaise.
Mais la conséquence la plus regrettable de l'instabilité, c'estla véritable prohibition qu'elle oppose à l'entrée des capitaux étrangers. Gomment un capitaliste placerait-il iooooo francs dans le pays, s'il s'expose à ne recevoir, lorsqu'il voudra les retirer, que 5o ooo francs P II y a ainsi en Indo-Chine, des colons qui ont doublé leur fortune, mais qui ne peuvent rentrer en France parce que la baisse de la piastre, depuis leur arrivée dans la colonie, les priverait entièrement du produit de leur travail.
Les seuls capitaux qui se risquent dans ces pays sont extrêmement dispendieux, car ils ne le font qu'à condition d être libellés en or et de recevoir leurs intérêts en or.
Cette situation est autrement nuisible aux
pays à change avarié, qui sont ordinairement pauvres et ont besoin d'argent pour se développer, que la prime à l'exportation résultant de la dépréciation ne leur est favorable.
De tout ce qui précède, il fautj tirer la conclusion suivante : La dépréciation, provoquant une rupture d'équilibre entre la valeur de la monnaie à l'intérieur du pays et sa valeur à l'extérieur, il en résulte une crise pénible, mais ordinairement passagère car elle trouve un correctif automatique dans la solidarité du commerce intérieur et du commerce extérieur, à moins toutefois qu'une nouvelle et considérable dépréciation, surtout à craindre dans les pays à circulation de papier, ne produise une seconde rupture d'équilibre qui exigerait un nouveau réajustement des prix.
Quoi qu'il en soit, ce n'est pas à la dépréciation elle-même qu'il convient de remédier quand on réalise une réforme, c'est à l'instabilité, dont les effets déplorables ne trouvent aucun correctif. Rendre à la monnaie, non pas son ancienne valeur nominale, mais une valeur fixe, quelle qu'elle soit, tel est le but de toute réforme. Nous avons vu en étudiant les systèmes à circulation stabilisée, qu'il serait même souvent dangereux de chercher à remonter la valeur de l'unité monétaire jusqu'à son taux d'autrefois, car cette appréciation forcée produirait, en sens inverse, une crise analogue à celle qui résulte de la dépréciation. Le meilleur
moyen dans la plupart des cas est donc à* fixer la valeur le plus près possible du taux qui lui est attribué dans la pratique.
Maintenant que le mal, l'instabilité, est nettement déterminé, que, d'autre part, les.
divers éléments qui agissent sur la valeur de la monnaie ont été déterminés, et le mécanisme de leur action soigneusement analysé, il résulte clairement de tout ce qui précède que le remède ne doit être cherché que dans l'adoption d'un des deux premiers régimes que nous avons étudiés : étalon et circulation d'or ou, provisoirement et comme transition, stabilisation de la circulation dépréciée. Celle-ci s'obtient pour la monnaie métallique : en limitant la frappe, et pour la monnaie de papier, en reprenant le remboursement des billets, non pas nécessairement à leur valeur nominale mais à un taux établi suivant les règles que nous avons exposées.