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que les Anglais et les Américains nous avaient largement approvisionné de livres et de dollars en échange de francs laissés en dépôt à Paris. Lorsque, par la suite, ils ont voulu rapatrier les capitaux qu'ils nous avaient prêtés, ils ont dû s’adresser à une autre catégorie de spéculateurs
qui ne consentaient plus alors à acheter des francs qu’à des prix de plus en plus bas.
Sous cette double influence spéculative, et, en grande partie, d'ordre psychologique, la baisse du franc s’est accentuée en 1922 et en 1923, et sa valeur a fini par être largement sous-estimée à l’extérieur. Le franc avait un pouvoir d'achat plus grand à l’intérieur qu’au dehors.
Il en résultait que les étrangers, échangeant leur monnaie contre la nôtre, pouvaient payer les mêmes marchandises moins cher chez nous que chez eux; ils avaient donc intérêt à acheter nos produits.
Cette situation ne se prolongerait pas indéfiniment si la stabilité des prix pouvait être assurée en France. Pour acheter nos marchandises, l'étranger devrait se procurer des francs en quantités de plus en plus grandes, et, par suite, il en ferait monter les cours jusqu’au moment où l'équilibre, résultant de la parité du pouvoir d'achat des deux monnaies, serait rétabli. Les dépôts étrangers dans les banques diminueraient, puisqu'ils serviraient à acheter des marchandises françaises et qu’ils passeraient entre les mains de nos nationaux.
Mais, comme l'exportation des produits français a pour effet de diminuer les offres de marchandises sur notre marché intérieur, le niveau des prix provoquera une baisse de notre devise. D'autre part, nous ne pouvons exporter qu’en commençant par importer les produits nécessaires à notre industrie, le charbon, la laine, le coton, etc., sans compter les denrées exotiques, les céréales qui nous font défaut lorsque nos récoltes sont déficitaires. Nous payons
donc plus cher nos importations, ce qui fait encore hausser notre niveau des prix.
Les fluctuations de notre monnaie seraient donc inévitables jusqu'au jour où la stabilité du niveau des prix sera assurée, d’un côté, par la stabilité de notre circulation fiduclaire, et, de l’autre, par un accroissement de production qui aura pour effet d'augmenter les offres sur le marché intérieur et de compenser le déficit créé parnos exportations.