‹ Les Changes et les ExportationsChapitre 2 sur 29 · LAON · texte numérisé non relu

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de payer son change au-dessus du cours correspondant à cette parité des pouvoirs d'achat.

Pour savoir dans quelle mesure la monnaie française, par exemple, est surestimée ou sous-estimée par rapport au dollar, il faut, en prenant pour base le pouvoir d’achat des deux monnaies au cours de 1914, exprimé par le nombre 100, chercher le quotient de ce même pouvoir d'achat respectif à la date envisagée. Supposons que le niveau général des prix soit fixé en France au nombre indice 337 et en Amérique à 160. Le quotient de ces deux nombres indices (100 pris comme base en 1914) est par suite, de 337 : 160— 2,10, ce qui veut dire que les prix sont deux fois plus élevés en France qu’aux États-Unis. Le cours normal du dollar devrait s'établir, par conséquent, au pair d’avant-guerre : 5,18 multiplié par le quotient 2,10, soit 5,18 X 2,10 — 10,88. Or le cours moyen du dollar est alors, par hypothèse, à Paris, de 14,58, soit de 3,70 points trop haut par rapport au cours normal ; étant données cette surestimation du dollar et cette sous-estimation du franc, dans des proportions aussi importantes, il doit en résulter un accroissement considérable des exportations françaises. Tel est le corollaire de la théorie du change, fondée sur la parité du pouvoir d'achat.

Est-il donc vrai, comme l’affirme, sous sa forme ancienne ou sous sa forme rajeunie, la théorie dont nous venons de rappeler les grandes lignes, et dans quelle mesure est-il vrai, que la disparité des valeurs, intérieure et extérieure, de la monnaie, produit un accroissement des exportations?

Faut-il souligner ici la difficulté des recherches expérimentales en matière économique? Une facilité d'expériences beaucoup plus large est accordée aux sciences physiques dans lesquelles les observateurs peuvent isoler avec une aisance bien plus grande certains faits pour en étudier à loisir les conséquences. Dans le domaine économique, les expériences ne peuvent pour ainsi dire Jamais être provo-

ni

quées, elles ne hénéficient pas de certaines circonstances favorables qui permettraient d'isoler un certain facteur parmi la foule des autres.

Si délicate qu'elle soit, l'observation conserve néanmoins ses droits dans la sphère des faits économiques. Elle conduit à des constatations précises qui, dûment interprétées, autorisent des conclusions positives.

Même en demeurant sur le terrain positif et actuel, on peut rechercher les relations entre les changes et les exportations en se plaçant soit au point de vue général, soit au point de vue de tels pays déterminés.

Nous nous occuperons donc d’abord des résultats généraux et de la valeur de la comparaison de la courbe des disparités et de celle de la balance commerciale.

Puis nous ferons un examen spécial de la situation de deux pays qui offrent un champ d’observations plus particulièrement intéressant : la France et l'Allemagne.

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