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SECTION II

Change et exportations de 1919 jusqu'à la fin de 1924.

Jetons d’abord un regard sur les années de guerre. Nous voyons que la crise du change se manifeste dès le début du conflit. À la fin de 1914, le mark perdait à Genève 10 0/0. En 1915, après être resté plusieurs mois à peu près stable à 12 0/0 de perte, il tombait à partir de novembre, pour se retrouver à plus de 20 0/0 de perte au début de 1916, puis, après un nouveau palier, à 34 0/0 de perte à la fin de cette même année, et à 50 0/0 au milieu de 1917. Enfin, après un brusque redressement qui le ramenait à 30 0/0 seulement de perte au moment de l’armistice avec la Russie, il fléchissait de nouveau à 46 0/0 pour se retrouver à 40 0/0 de perte au jour de l'armistice final.

En somme, en dehors d’un relèvement notable lors de la cessation des hostilités avec la Russie, le change allemand subit un fléchissement presque continu depuis le début de la guerre jusqu'au moment de l'armistice avec les alliés d'Occident.

On peut noter ici que la courbe de change de l'Allemagne a subi une dépreciation beaucoup plus accentuée que celle de la France. Dès 1916, le mark perdait environ 10 0/0 de plus que le franc français, et en 1917, près de 30 0/0. Puis l'écart s’est fortement réduit à la suite de la baisse du mark au début de 1918 et n’a plus dépassé 15 0/0 au cours de cette dernière année.

Rappeler le temps de guerre n’est pas inutile à notre point de vue. Car la dépréciation continue du change allemand au cours des hostilités tend manifestement à infirmer la théorie de l’équilibre automatique, comprise du moins d’une manière absolue.

M. Rist (1) se demande comment il se peut que le mark

(1) Les finances de guerre de l'Allemagne, p. 179.

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