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dam (à cette date il n’était pas coté à New-York). Puis une baisse rapide qui se prolongea pendant un an et demi le fit tomber à 4,4 de cette parité (cours de New-York) en mars 1920. À Zurich, le mark valait encore 60 centimes en janvier 1919 ; en mars de la même annéeil vaut 44,51 cm;
VOX OÙ ,, 24 12 EU enJanviér,—, en août 98" septembre 9j °NJenvier 1920, 1.798 marks valent 100 francs suisses.
Les causes de la dépréciation sont faciles à dégager. L'Allemagne dut importer à doses massives des vivres et des matières premières de toutes sortes. Avant la guerre elle les payait avec des produits industriels. Mais, après la guerre, ses stocks sont épuisés: ses industries ne produisent que des « ersatz » dont l’écoulement au dehors est impossible. La spéculation sur le mark, qui, à la suite de l’armistice et surtout de la signature de la paix, s’est faite dans tous les pays du monde, a d’ailleurs joué ici un rôle dominant (1). La puissance économique de l'Allemagne, sa capacité de travail, son allant sur le terrain de la production, ont été considérés comme des qualités fondamentales qui ne pouvaient se démentir. On pensait qu'après une période plus ou moins pénible de mise en train, l'Allemagne développerait formidablement ses affaires par suite de l’activité qu'il lui faudrait montrer pour l’acquittement de sa dette. Ce pronostic était d'autant plus vraisemblable que son ressort économique était demeuré intact et que sa force de production avait été renforcée au cours des hostilités. De là à escompter une reprise progressive et prompte du mark, il n’y avait qu'un pas que la spéculation s’est empressé de franchir. Partout, même en France, on a acheté du markbillet en quantité considérable, persuadé qu'on était de
(1) V. Lichtenberger : L'Allemagne d'aujourd'hui, 1922. — Wulfsin et Vernlé : L'évasion des capitaux allemands, 1923. — Valery de Moriès : Misère et splendeur des finances allemandes, 1925.
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pouvoir le réaliser, au bout d’un an ou deux, avec un beau bénéfice. Il se fit ainsi, lorsque la devise allemande se tenait aux environs de 0 fr. 40 de notre monnaie, une exportation considérable de monnaie allemande à l'étranger en vue de s’en servir comme valeur de spéculation.
Après la baisse continue, de la fin de la guerre à mars 4920, on constate une phase de stabilisation, de mars 1920 à juillet 1921. Le mark se tient à plus de 5 0/0 de son ancienne valeur.
Si l'on en croit la Frankfurter Zeitung, les causes de l'amélioration du mark à partir de mars 1920, ont été les suivantes :
1° L'arrêt des importations d'objets de luxe et même de certaines matières premières ;
2° La prudente politique suivie par les organes officiels d'achat qui, depuis plusieurs mois, n’opéraient que par l'intermédiaire des bureaux chargés de centraliser les devises étrangères ;
3° La concentration de quantités appréciables de devises étrangères à la disposition de l'État allemand, grâce à la vente des valeurs étrangères confisquées ;
4° La croyance sur les places neutres à une aide financière prochaine accordée à l'Allemagne ;
5° L'interdiction absolue d'importer des textiles sans autorisation, sous peine de confiscation;
6° Le fait que le gouvernement s’est assuré le change nécessaire pour payer ses achats de vivres à l’étranger et que la grande industrie a réussi à acquitter une bonne partie de ses dettes à l’étranger pour achats de minerai.
1° Le mémorandum de Londres et la perspective offerte aux Allemands d’un allégement des conditions économiques du traité;
8° Le développement de l'exportation allemande.
Une observation, relative à l’époque des stabilisations actuellement examinées, tend à montrer que la dépréciation
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extérieure de la monnaie nationale agit dans le sens d’une prime à l'exportation (1).
Pendant toute l’année 1919, les fabricants de Solingen vendaient en Amérique leurs produits à des prix qui étaient intéressants pour les deux parties. A cette époque, un couteau de poche vallait un dollar à New-York. Comme le mark baissait continuellement, les Allemands réalisaient successivement 15, 20, 30, 50 et enfin 100 marks par couteau; l'Américain, lui, payait toujours un dollar. Mais, au mois de janvier 1920, constatant que le dollar cotait déjà 100 marks, il demanda une réduction de prix. Celle-ci fut consentie parce que le Allemands s’estimaient heureux de vendre 50 marks, soit un demi-dollar, un couteau qui, avant la guerre, valait environ 2 marks. Aussitôt d’importants marchés furent passés à raison de un demi-dollar le couteau. Les exportateurs de Solingen réalisaient de coquets bénéfices. Seulement, au mois de mars, le change allemand s’améliorait. En mai, le dollar ne cotait plus que 33 marks. Qu'’allait faire le fabricant allemand? Il ne vendra plus 50 marks le couteau, il se contentera de 25 marks : c'est toujours 0,75 dollars, c’est-à-dire moins cher qu’en 1919: mais l'Américain, qui s’est habitué à acheter à Solingen à un prix inférieur à celui pratiqué chez lui, ne voulut rien entendre ; il se refusait de payer un dollar comme en 1919 et exigea son couteau à un demi-dollar, c’est-àdire pour 17 marks. « Impossible, répondit le fabricant allemand : je ne puis pas vendre au-dessous de mon prix de revient : dans l'intervalle, les salaires ont augmenté précisément à cause de la dépréciation du mark survenue au début de l’année; je n’ose pas baisser les salaires. » Résultat? Les marchés furent résiliés, les fabriques de
(1) D'après un Mémoire du Commissariat des Importations et des Exportations du Reich. — V. Max Hoschiller : Une enquête en Allemagne 1922» p. 26 et suivantes.
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Solingen arrêtèrent partiellemeut ou ne travaillèrent que quelques jours par semaine, des faillites s’ensuivirent,.
Après la période de stabilisation mars 1920, juillet 1921, on entre dans une phase de nouvelle chute de juillet à décembre 1921. De 5 0/0 le mark tombe à 1,3 0/0 (cours extrême le 8 novembre) de son ancienne valeur pour se relever à 2,50, environ, en décembre.
Paris New-York JJsnvior.1921,,2000 23 1/4 1,35 Mars AOL ER EURE 22 1/4 1,59 30. ANT, 1921 6 19 3/4 1,51 80 Juin 1924 L.. : » ….+16:5/8 1,32 29 Juillet 1921, 72. 16 1/5 1,24 SD AOOLATAI ER 15 1,16 30 Septembre 1921. . . 12 1/8 0,85 1£TOctobre 9210007. 10 0,65 1/2 30 Novembre 1921. . . 5 1/8 0,33
La nouvelle chute du mark, à partir de juillet 1921, tient sans doute en partie à l’achat précipité par le gouvernement allemand des devises étrangères nécessaires à ses premiers versements. Il lui fallait payer 1.500 millions à valoir sur les 20 milliards de marks dus à titre d’acomptes à échéance du 1% mai 1921 et pour lesquels l'Allemagne avait obtenu un délai jusqu’au mois d'août. Mais la spéculation a continué à Jouer un rôle prépondérant. Elle explique la continuation de la baisse du mark. Cette baisse était du reste une aide précieuse pour le Reich voulant faire accepter aux alliés une amputation considérable de leur créance. Elle a été envisagée très favorablement, non seulement par le parti nationaliste, mais sur la grande masse de la population qui a pensé Jouer de la sorte un bon tour aux vainqueurs. Ainsi, tandis que les neutres et les alliés spéculaient
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à la hausse sur le mark, les capitalistes allemands faisaient en quelque manière leur contre-partie en exportant les billets émis par la Reichsbank, sur les instances du gouvernement qui préférait ce moyen très commode de régler ses dettes au prélèvement d'impôts correspondant aux charges budgétaires.
En somme, si l’on néglige la période de stabilisation mars 4920-juillet 1921, — période dans laquelle une observation particulière nous a d’ailleurs montré la dépréciation extérieure du mark agissant comme prime à l'exportation — nous constatons une chute continue du mark depuis la fin de la guerre jusqu’à la fin de 1921.
Quel rapport peut-on établir entre cette baisse et la balance commerciale de l'Allemagne ?
Une remarque importante s’impose d’abord.
La dépréciation du mark sur le marché intérieur a été moins accentuée que sur le marché extérieur. En décembre 1919, tandis que le pouvoir d'achat de 1.000 markspapier en Allemagne correspondait à celui qu’avaient 125 marks avant la guerre (en prenant le chiffre 800 comme expression moyenne de la hausse des prix de gros et du coût de la vie), c’est-à-dire au pouvoir d'achat de 30 dollars avant la guerre, à la même date, 1.000 marks-papier, au cours d'environ 2,0 à New-York ne valaient plus que 20 dollars, ce qui, étant donnée la hausse générale des prix en Amérique ; ne leur donnait plus, dans ce dernier pays, qu'un pouvoir d'achat égal à celui de 10 dollars avant la guerre.
En raisonnant de même, on trouve pour décembre 1920, que 1.000 marks-papier avaient encore le pouvoir d'achat de plus de 20 dollars d’avant-guerre en Allemagne, mais seulement de 10 dollars en Amérique, et, pour juin 1921, ce rapport aurait été de 20 à 11.
Cette considération explique fort bien que, ainsi que les statistiques des États avec lesquels l'Allemagne a commercé
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le fait apparaître pour 1921, la balance commerciale du Reich ait été active. |
Mais, si l’on acceptait les chiffres des dirigeants du Reich, d’après lesquels la balance dont il s’agit aurait été déficitaire, il faudrait se demander pourquoi, malgré un cours de change inférieur à la valeur du mark en Allemagne, et qui rend particulièrement onéreux les achats à l'étranger, la balance commerciale de l'Allemagne est restée déficitaire.
Pour ceux qui ont accepté les statistiques allemandes, cette situation s'explique par la fuite commerciale devant le mark. La peur de la dépréciation future incite à un approvisionnement et à une consommation immédiats, excessifs. Dès que la hausse des prix, consécutive à la baisse du mark, se fit sentir en Allemagne, on assista à une véritable fièvre de production ayant pour cause, non un accroissement d'exportation, mais un accroissement de consommation ou d’approvisionnement intérieurs. On vit alors une importation considérable de certaines denrées alimentaires; ainsi, malgré la diminution du territoire, les importations nettes de céréales et de farines ont été en 1920 à peu près aussi importantes qu'en 19143 ; les importations libres de viande préparée ont augmenté et atteint 286 0/0 de celles de 1913, bien que la situation du cheptel soit satisfaisante; l'importation des beurres, margarines et saindoux à été de 180 0/0 de celle d’avant-guerre. La dépréciation monétaire, en effet, tant qu'elle est en progression, n'est pas un obstacle aux achats onéreux. Pour les témoins et les victimes de cette dépréciation continue, l'épargne a moins d’attraits ; l'esprit de jouissance et de dépense succède à celui de prévoyance et d'économie. L'argent acquis facilement par la spéculation est aussi facilement dépensé. Cet état de choses est entretenu en Allemagne par l'inflation continue et pousse à la consommation. La même tendance est sensible dans les produits industriels, en dépit des con-
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ditions de change favorables à l'exportation. Pour 1920, l'importation nette des minerais et de la fonte s’est élevée à 49 0/0 de celle d’avant-guerre, tandis que l’exportation nette des produits manufacturés des industries des métaux est tombée la même année à 21 0/0 de son chiffre de 1943.