‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 201 sur 245 · JOSEPH · texte numérisé non relu

JOSEPH

Serie/.-vous la vieille Égyptienne Que notre évêque veut bannir?

L^ÉGYl'TIENNE.

Oui ; point de Corse qui ne vienne M'interroger sur l'avenir.

N.VPOLÉOiV.

Je veux la consulter, mon frère.

josEpn.

Garde-t'en bien : c'est un péché.

.Mlons plutôt vendre au marché Les olives de notre mère.

l'égyptienne.

Voyons ta main, mon enfant. et crois-moi, [Bis. Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

Les chevaux s'arrètant d'eux-mêmes,

— Voyez, dit-elle en souriant.

J'ai, pour braver les anathèmes, Tous les secrets de l'Orient.

Malgré l'aîné, qu'elle intimide, Le plus jeune, au regard altier, S'avance alors : — Femme intrépide, Vous ave/, vu le monde entier?

l'égyptienne.

Oui, j'ai-vu tout, ombre et lumière,

Enfer et ciel, morts et vivants.

Dieu m'a crié : Comme les vents

Passe et n'emporte que poussière.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

Femme, que fait le métropole, Ce grand Paris, notre fanal ?

l'égyptienne.

Cette ville, que l'on croit folle, C'est Brutus en habit de bal.

Là j'entendis, l'oreille à terre, De profonds el sourds grondements.

Palais et temples, un cratère Va s'ouvrir sous vos fondements.

Vn ciel pur semble nous absoudre, Chantait la cour dans ses ébats, Le ciel est pur ; mais c'est d'en bas Qu'à présent partira la foudre.

Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.

N.\r0LK0N .

Je me fie à votre science ; Égyptienne, voici ma main.

l'égyptienne.

Que v(iis-je ! 0 signes de puissance !

0 labeurs du génie humain !

Muses, pour vous quelle épopée !

Législateurs, qu'il sera grand !

France, à l'œuvre ! forge une épée

Pour celte main de conquérant.

Rois, pleure/ vos orgueils de race ;

Suivez-le, peuples haletants.

Moi, je tombe aux pieds dont le temps

Doit à jamais garder la trace.

J'ai vu la main. O nuble enfant ! crois-moi, Quand je te dis : Tu seras plus (ju'un roi.

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