JOSEPH
Serie/.-vous la vieille Égyptienne Que notre évêque veut bannir?
L^ÉGYl'TIENNE.
Oui ; point de Corse qui ne vienne M'interroger sur l'avenir.
N.VPOLÉOiV.
Je veux la consulter, mon frère.
josEpn.
Garde-t'en bien : c'est un péché.
.Mlons plutôt vendre au marché Les olives de notre mère.
l'égyptienne.
Voyons ta main, mon enfant. et crois-moi, [Bis. Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.
Les chevaux s'arrètant d'eux-mêmes,
— Voyez, dit-elle en souriant.
J'ai, pour braver les anathèmes, Tous les secrets de l'Orient.
Malgré l'aîné, qu'elle intimide, Le plus jeune, au regard altier, S'avance alors : — Femme intrépide, Vous ave/, vu le monde entier?
l'égyptienne.
Oui, j'ai-vu tout, ombre et lumière,
Enfer et ciel, morts et vivants.
Dieu m'a crié : Comme les vents
Passe et n'emporte que poussière.
Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.
Femme, que fait le métropole, Ce grand Paris, notre fanal ?
l'égyptienne.
Cette ville, que l'on croit folle, C'est Brutus en habit de bal.
Là j'entendis, l'oreille à terre, De profonds el sourds grondements.
Palais et temples, un cratère Va s'ouvrir sous vos fondements.
Vn ciel pur semble nous absoudre, Chantait la cour dans ses ébats, Le ciel est pur ; mais c'est d'en bas Qu'à présent partira la foudre.
Voyons ta main, mon enfant, et crois-moi, Quand je dirais : Tu seras plus qu'un roi.
N.\r0LK0N .
Je me fie à votre science ; Égyptienne, voici ma main.
l'égyptienne.
Que v(iis-je ! 0 signes de puissance !
0 labeurs du génie humain !
Muses, pour vous quelle épopée !
Législateurs, qu'il sera grand !
France, à l'œuvre ! forge une épée
Pour celte main de conquérant.
Rois, pleure/ vos orgueils de race ;
Suivez-le, peuples haletants.
Moi, je tombe aux pieds dont le temps
Doit à jamais garder la trace.
J'ai vu la main. O nuble enfant ! crois-moi, Quand je te dis : Tu seras plus (ju'un roi.