‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 219 sur 245 · LES OISEAUX DE LA GRENADIÉRE · texte numérisé non relu

LES OISEAUX DE LA GRENADIÉRE

Air :

Comme en ses vœux l'homme s'abuse!

Le ciel permet qu'en ce réduit, Disais-je d'une voix qui s'use, Mes derniers jours coulent sans bruit.

Et de ces murs le sort m'oxile.

Adieu, fleuve, arbustes et Heurs; Vous, de mes fruits joyeux voleurs, Oiseaux qui charmez cet asile, Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant l'Éternel a souri.

.l'entends un oiseau me répondre :

(( Ami, pourquoi t'aflliger taBt?

<( Sur nous l'orage vient-il fondre, « Un abri partout nous attend.

« Quand l'iiiver, qui tout décolore, « Dépouille jardins et forêts, « Il reste encor quelques cyprès (( D'où nos voix réveillent l'aurore. » Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant l'Éternel a souri.

Bis.

« La pauvreté, sombre nuage, (( Bientôt, dis-tu, fondra sur loi.

« Jeune, tu bravais son passage; « Au soleil n'as-tu donc plus foi?

« Crois-nous, quelques routes nouvelles « Que ton vol prenne en son essor, « Si le nuage crève encor, « Un rayon séchera tes ailes. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant rÉlernel a souri.

« Tu nous as chanté, sous ces treilles, « L'aigle expirant, captif des mers.

« Apprends d'infortunes pareilles (( A subir de communs revers.

« Va gaîment oii le sort te pousse, « A la ville ou dans un chalet, ï Pour ton nid, pauvre roitelet, « Que le faut-il? Un peu de mousse. » Oiseaux, adieu. Peuple heureux et chéri, En vous créant l'Éternel a souri.

(1) La (Irciuiaii're, pntile Uabit.ilioii sur le^ bj.-.U do la Loire, vis-à-vis do Toirs, décritoave- ralmiribl.- laleiil qu'oii lui connaît par M. de Balzac, qui y avait demeuré quoique temps avant moi. Le propriétaire de cette agré-ilile m-iisoiinelte, l'excellent M. de Longpré, ù qui il n'a pas tenu que j'y prolongeasse mon séjour, a respecté les plan'.a'..oiis .j;iM

m'avait permis il'y faire.

« La fin de tout, nul ne l'ignore.

t D'avance tu sauras quitter « Ces rosiers qui sont près d'éclore, <c Ces arbres qu'on t'a vu planter.

« Lorsqu'à partir tu te disposes, « Un corbeau- te crie à l'écart :

« Pour parer les tombeaux, vieillard, « Dieu partout a semé les roses. »

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et cIkmm, En vous créant l'Éternel a souri.

Oiseaux, merci! Rome fut sage De vous consulter autrefois ; Je vais au plus procliain rivage (1) Vivre en un coin sous d'humbles toits.

Ici, vous qui du vieil ermite Picoriez en paix les raisins, S'il a des arbres pour voisins, Venez charmer son nouveau gîte.

Oiseaux, adieu. Peuple heureux et béni;

En vous créant l'Éternel a souri.

(1) Rue Chanvir.eaii, ù Tours. ^Note de l'Edileur.)

poco rit.

Tempo

F I^T'^bd^

ger V

L'om . bro diiii oisenu qui sV veil

1h, Qui

ML

sur son lit vient voi.ti ger

En lui niur mur;inl a l'o

Tempo di Valse /•//. Tempo

. rt'il . If Four vo.frt' voix do.cilc a

7'it. poco Tempo

Page 1