‹ Les chansons de Béranger, anciennes et posthumesChapitre 220 sur 245 · L'OISEAU FANTOME · texte numérisé non relu

L'OISEAU FANTOME

Air nouveau de Pierre Letorei/.

La cantatrice jeune et belle S'éveille au milieu de la nuit.

Qu'a-t-elle entendu? Ce doux bruit.

Est-ce un chant d'amour ijui rappelle!?

Non, c'est un fantôme léger, L'ombre d'un oiseau qui l'éveille, Qui sur son lit vient voltiger.

En lui murmurant à l'oreille :

— Pour votre voix docile à mes leçons 1 Du paradis j'apporle des chatisons. ^

Mais d'ailes mon ;ime est pourvue.

Invisible à des yeux humains, Du ciel je franchis les chemins, Pourlant sans vous perdre de vue.

Uh 1 que de globes je parcours, Nefs qui de l'air fendent les ondes !

Que d'hommes, d'oiseaux et d'amours J'entends chanter dans tous ces mondes ! Pour votre voix docile à mes leçons

Du paradis j'ai)porte des chansons.

Bis.

Je suis l'àtne toujours aimanli' Du rossignol apprivoisé Par vous, et par vous tant baisé.

Qu'il crut voir en vous une amante Que j'avais d'ardeur à chanter, Lorsqu'en rêve ou dans l'insomnie Aux longs efforts pour m'imiter Vous mêliez les pleurs du génie !

Pour votre voix docile à mes leçons Du paradis j'apporte des chansons.

Un soir où la foule charmée Semait des fleurs autour de vous, Votre singe, démon jaloux, Ouvrit ma cage bien aimée. Dans ses ongles me voilà pris.

En ricanant il uie déchire.

Votre gloire est sourde à mes cris :

On vous couronne, et moi j'expire.

Pour votre voix docile à m(>s leçons Du paradis j'apporte des chansons.

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/Us

Aux plus éclatantes planètes L'homme retrouve ses aïeux.

Sages, héros, saints, demi-dieux, Affranchis de l'ombre où vous êtes.

Plus ils en sont loin, plus s'accroit L'intérêt qu'à leur àme inspire Le destin de ce globe étroit, Humble hameau d'un vaste empire.

Pour votre voix docile à mes leçons /

Du paradis j apporte des chansons. \

i/boinme, peuplant l'infini même, De l'amour doit former les nœuds Entre ces astres lumineux Émanés du soleil suprême.

En des temps qui nous sont cachés.

Dieu resserrant son auréole, Les mondes, enfin rapprochés, S'éclaireront par la parole.

Pour votre voix docile à mes leçons j

Du paradis j'apporte des chansons. \

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Moi, faible oiseau, je vole encore ; Des miens plus haut j'entends la voix.

Un autre ciel s'ouvre, où je vois Du jour sans fin poindre l'aurore.

Chantres des bois, des champs, des eaux, Forment là des chœurs de louanges.

Dieu permet aux petits oiseaux De le chanter avec les anges.

Pour votre voix docile à mes leçons

Du paradis j'apporte des chansons.

Bis.

Mais l'amour me fait redescendre Vers vous qui m'avez tant pleuré ; Et, chaque nuit, je reviendrai Avec des chants à vous apprendre.

Puissent vos accords enivrants, Qu'à la terre le ciel envie.

Initier les cœurs souffrants Aux merveilles d'une autre vie !

Pour votre voix docile à mes leçons Du paradis j'apporte des chansons.

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