‹ Les chansons de croisadeChapitre 11 sur 145 · I. — CHEVALIER, MULT BSTES GUARIZ · texte numérisé non relu

I. — CHEVALIER, MULT BSTES GUARIZ

des mains du pape la besace, le bourdon et l'oriflamme, quitte Saint-Denis et se met en route.

La chanson a été nécessairement composée entre ces deux dates extrêmes : 25 décembre (assemblée de Bourges ; dès cette date, le bruit des intentions du roi s'est propagé) et 12 juin 1 147 (départ du roi ; le poète dit que Louis va partir, mais non qu'il est parti). Mais il semble légitime de supposer qu'elle est postérieure à l'assemblée de Vézelay, car c'est seulement après cette assemblée qu'on pouvait vraiment dire du roi : Déguerpit a e vair e gris (v. 29) ; et qu'elle est antérieure au moment où se répandit en France la nouvelle que l'empereur prenait la croix ; sans quoi, le poète aurait sans doute nommé Conrad auprès de Louis. Si on l'admet, la chanson aura été écrite entre Pâques 1146 et la fin de décembre de la même année.

Musique. — Cette pièce a été très négligemment transcrite par le copiste, dans l'espace blanc d'un folio de manuscrit, et nous pouvons en considérer la notation comme un exemple caractéristique de cursive musicale à la fin du XIP siècle, avec toutes les difficultés et les incertitudes de cette écriture.

Le.texte est, en outre, altéré. La première publication que nous en avons faite dans Les Plus anciens momiments de la musique fra7içaise est fautive au début. Le manuscrit, à cet endroit, porte une double mélodie. Nous avions à tort adopté la première. M. Hugo Riemann, rendant compte de cette publication (i), a montré avec justesse que la seconde, au contraire,reproduit à peu près exactement, pour les vers i et 2, la mélodie commune aux vers 3-4 et 5-6, très claire à ces deux endroits. Nous avons ici adopté la correction proposée par M. Riemann. De même, le ciseau du relieur a coupé, au bas de la page, la mélodie du dernier

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