Mutikalisches Woohenblatt, n" 47, nov. 1905, p
vers du refrain. M. Hugo Riemann conjecture avec raison qu'elle reproduit la mélodie du dernier vers de la strophe. Nous partageons d'autant plus volontiers son opinion que les quelques notes qu'on peut lire au début semblent la confirmer.
Mais nous nous séparons du musicologue allemand sur deux autres points. '
Sa transcription assigne arbitrairement à la phrase mélodique qui termine la strophe et le refrain, une finale sur do. L'original, très lisible à cet endroit, met sur la dernière syllabe du mot segnuur la ligature mi-ré. L'adjonction du do est une correction malheureuse, qui a pour résultat de donner à cette pièce une tonalité indécise, ni moderne, ni médiévale, tandis que Vambitus de la mélodie appartient nettement au premier mode ecclésiastique et que, à ce point de vue, l'intérêt d'une correction ne se faisait sentir en aucune manière. Nous avons conservé la finale ré du manuscrit. Enfin, la transcription de cette pièce en notation moderne dans le Miisikalisches Woche?iblatt est telle que nous devons l'attendre de M. Hugo Riemann et de son système d'interprétation. Nous avons dit par ailleurs les raisons qui, d'une manière générale, nous empêchent de partager sa façon de voir. Il n'en subsiste pas moins que notre embarras est grand, lorsque, à notre tour, il s'agit ici d'en proposer une autre. En effet, on se souvient que cette chanson a dû être composée vers la fin de l'année 1146, c'est-à-dire à une époque où Vars cantus mensurabilis était encore dans une période d'incertitudes et de tâtonnements. C'est l'âge des vieux déchanteurs, priores organistae^ pour lesquels la longue, à ce que nous apprend Walter Odington, valait seulement deux temps, longa duo tantum habuit tempora (i).
Le manuscrit lui-même est à peu près contemporain de la date