NUS NE PORROIT DE MAUVESE
RESON.
Chansons de croisade.
NUS NE PORROIT DE MALVESE RESOX
Raynaud : 1887.
Manuscrits. U, V (ce manuscrit n'a que les trois premiers couplets).
Editions. P. Paris, p. 100 ; Leroux de Lincy, p. 118 ; Dinaux, t. III, p. 401 ; G. Paris, Romania, t. XXII (1893), p. 541-7.
Versification. Cinq strophes (qui sans doute étaient suivies d'un envoi) ; chacune de neuf vers, qui ont dix syllabes, sauf le sixième, qui en a sept. Le ms. F, incomplet, ne donne que les trois strophes I, II, III ; mais l'autre manuscrit place ces trois strophes dans l'ordre I, II, I\', 111, \'. L'ordre vrai a été retrouvé par Gaston Paris (Romania, art, ciU'j, qui a eu le mérite de reconnaître que les rimes sont disposées selon le S3^stème que voici :
12345 Strophe I on er on er er
<c II ier on ier on on
ce III is ier is ier ier
d IV ent is ent is eut
(( V or ent or ent ent
Ainsi, la rime des vers 6-j restant la même (aucc) d'un bout
à l'autre de la pièce, la dernière rime de cliaquc strophe
ance
ance
ier
ier
an ce
ance
is
is
ance
ance
ent
ent
ance
ance
or
or
ance
ance
ir
ir.
devient la première de la strophe suivante et rejette à la seconde place la rime qui était la première de la strophe considérée. « On voit, dit G. Paris, que, par ce système ingénieux qui lie intimement les strophes les unes aux autres, chaque rime revient dans trois strophes à trois places différentes, sauf la rime -ance qui reste immuable, et les 45 vers se contentent de huit rimes... Il est probable que cette pièce, d'une construction extrêmement savante, est faite, comme toutes les chansons politiques, à l'imitation d'une chanson d'amour célèbre, mais je n'ai pas sous la main pour le moment les moyens de le vérifier. » Cette hypothèse était juste M. Alfred Jeanroy a bien voulu me faire savoir que trois autres pièces, les n""^ 332, 699 et 700 de la Bibliographie des chansonniers publiée par M. G. Raynaud, sont sur le même rythme que notre chanson, c'est-à-dire que la strophe y est ainsi construite : ababbccddf le vers 6 ayant sept syllabes, les autres dix. Vérification faite, la ressemblance s'arrête là pour les pièces 332 (jeu parti) et 699 (serventois), qui sont toutes deux à coblas doblas. Mais la pièce 700 {Je chantasse volentiers liement Se je trovasse en mon cuer lochoison)^ qui est une chanson d'amour célèbre, est assurément le modèle sur lequel notre trouvère a calqué la sienne ; car, outre le même type strophique, on y retrouve le même enchaînement des
rimes :
ent on ent on on aigne aigne oir oir
oir ent oir ent ent aigne aigne is is
is oir is oir oir aigne aigne i i
i is i is is aigne aigne ir ir
ir i ir i i aigne aigne on on.
aigne aigne on on aigne.
Musique. Le ms. F seul a conservé la mélodie de cette pièce.
Strophe
Envoi