‹ Les chansons de croisadeChapitre 136 sur 145 · XXVIII. — DOUCK DAMP:, CUI J'aIN en BO.Sr. r'M · texte numérisé non relu

XXVIII. — DOUCK DAMP:, CUI J'aIN en BO.Sr. r'M

TRADUCTION

I. — Douce dame, que j'aime fidèlement, de cœur loyal, sans jamais faire retraite, accordez-moi merci, dame ; je vous prie à mains jointes, si je suis croisé, de ne pas vous en irriter. Désormais j'ai désir de bien faire. Je veux m'en aller au glorieux tournoi, outre la mer, là où est la gent sans foi qui a fait tant souffrir Jésus-Christ.

II. — <i Beau doux ami, certes j'en ai deuil. Jamais mon cœur ne fut en telle peine. Vous vous en irez sans moi vers la mer : j'aimerais mieux pour toujours vêtir la haire. ^lais puisque cela peut plaire à Dieu et à vous, je ne veux pas que l'entreprise en reste là à cause de moi. A mains jointes je prie la mère de Dieu qu'elle vous ramène et vous donne de faire bien. »

III. — Je serai surpris si je ne perds le sens quand je dirai : « Adieu jusqu'au retour ! » à ma dame, qui a tant fait pour moi que je n'en saurais redire la dixième partie. Mais nul ne peut trop faire pour le Seigneur Dieu. Quand il me souvient qu'il est mort pour moi, j'ai pour lui tant de piété et de foi que nulle chose que je laisse ici ne me pourrait induire à mal.

REMARQUES

V. 4. « Je vous prie que (cela) ne vous déplaise pas ». Même tour impersonnel aux vers 13 et U, où il a la valeur de cela.

V. 6. A est une forme ix)ur nu, fréquente chez le scribe lorrain du ms. C.

y. 10. Mesuixe fausse la rime. Je ne vois de possible que contraire: mais il faudrait refaire l'hémistiche.

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