‹ Les chansons de croisadeChapitre 23 sur 145 · III. — AHI î AMOURS, COX DURE DEPARTIE · texte numérisé non relu

III. — AHI î AMOURS, COX DURE DEPARTIE

Sans refaire ici sa biographie (i),nous nous bornerons donc aux quelques remarques qui peuvent servir à l'intelligence de ses deux chansons de croisade. Si l'on admet avec nous (voy. notre étude sur la chanson Mmigré toz sainz) qu'elles ont été parodiées par le « maistre » en poésie de Conon, Huon d'Oisi, elles sont toutes deux antérieures aux derniers mois de l'année 1189-90. D'autre part, la chanson 1 125 peut avoir été écrite dès les premières prises de croix (au début de l'année i i88j ; l'autre semble postérieure à l'établissement de la dî?ne saladine (mars 1 188). Tandis que la chanson 1125 n'est qu'une « exhortation sans violence à la croisade (2) » et que le poète s'y tient à des généralités qui n'appellent aucun commentaire historique, l'autre le montre engagé dans une campagne contre les « hauts barons », et, dans les invectives qu'il leur adresse, bien des allusions nous échappent et bien des intentions.

Nous admettons que Conon de Béthune s'est efforcé, dans sfes chansons, d'écrire le français de France, et non pas de reproduire le parler des bourgeois et vilains de Béthune (voyez à cet égard G. Paris, Rojnania, t. XXI (1892), p. 324, Alf. Jeanroy, Revue Critique^ 1892, 2® semestre, p. 225, J. Simon, Le Moyen Age, t. IV, p. 222). C'est pourquoi nous nous en tiendrons pour le texte de ses deux chansons aux formes du ms M.

Musique. L'étude musicale de cette pièce est une des plus compliquées entre toutes celles que nous allons examiner ici.

La chanson de Conon de Béthune eut sans doute une vogue considérable, car la mélodie nous a été conservée en dix manuscrits, et surtout les textes musicaux de ces dix manuscrits remontent eux-mêmes à trois originaux différents, c'est-à-dire que trois mélodies distinctes ont été adaptées à cette chanson.

1. Kilo .a étd écrite par P. Paris (///.v/. ////., t..\ XIII) ot par M. Wallcnakield (ouvr. cite ) ^ (.\\\\ ont ïo\-th\c:r\ \'\\ii parti des documents, rasseniMés «lejà presque tous par Du Chesiie dans sou J/isfoirr t/e/iétiloiji/fi/e Je la iH(n.io>t de lièthune (XCùVô).

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