‹ Les chansons de croisadeChapitre 3 sur 145 · Ibidem, p · texte numérisé non relu

Ibidem, p

INTRODUCTION XV

Eultreja, esiiseja, Deus, aia nos! (1)

En admettant, comme il est d'ailleurs probable, que ces cris soient d'origine française (2), on voit par ces textes que des pèlerins de toutes nations les avaient adoptés. Il n'est donc pas nécessaire que ce soit un Français qui ait attaché comme refrain le mot ultreia à la chanson dont parle Landulf de Saint-Paul; et comme il est en soi peu vraisemblable que les Milanais aient chanté une chanson en langue française, il faut tenir pour douteuse, autant qu'elle est séduisante, l'hypothèse qu'une chanson partie de France serait devenue outre les monts et « par toute FEurope » le signe de ralliement de ceux qui voulaient prendre la croix.

Si l'on écarte l'incertaine chanson à'outrée, on ne possède plus, que je sache, sur les chansons de la première croisade, que ces deux témoignages.

Raimon d'Aguilers rapporte que les croisés avaient composé contre Arnoul, chapelain du duc de Normandie, personnage de mœurs suspectes, des chansons injurieuses (3). Et c'est sans doute un refrain de chanson française que le chroniqueur Raoul de Caen a enchâssé en ce curieux parallèle qu'il fait des croisés français et des croisés provençaux :

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