‹ Les chansons de croisadeChapitre 37 sur 145 · Csfoirr de lu (jurrrc Xdiiifr, v. 28.')0 ss · texte numérisé non relu

Csfoirr de lu (jurrrc Xdiiifr, v. 28.')0 ss

Or VOS conte on avec les recreanz, Si remaindroiz avoec vo roi failli.

Ce remaindroiz du v. 14 ne saurait guère avoir un autre sens que le remanoit du v. 19, c'est-à-dire que tous deux s'appliquent à ceux qui ne sont point partis pour la Terre sainte. Si le poète en veut au roi, s'il le traite de roi failli, c'est précisément parce qu'il reynaint. Reproche qui convient aux circonstances, si l'on place la chanson en 1 189. Après la seconde conférence de Gisors (16 août II 88), on se rappelle que la reprise de la guerre entre Philippe-Auguste et Henri II fut un scandale pour tous ceux qui désiraient la croisade et que de nombreux barons, Philippe de Flandre par exemple et Thibaut de Blois, refusèrent de prendre part aux hostilités entre le roi de France et le roi d'Angleterre, et firent serment de ne combattre contre des chrétiens qu'après qu'ils auraient accompli leur vœu de croisés. Longtemps on put croire que Philippe remaindroit, si bien qu'en avril 1 189 le cardinal-légat Jean d'Anagni, lassé de ses retards, le menaça de l'excommunication (i). Cette persuasion que le roi avait « mis la croiserie en oubli » alla se propageant même après la mort du roi Henri II (6 juillet i i89),puisque le sirventés de Bertran de Born est postérieur à cette mort :

Senher Conratz, eu sai dos reis qu'estan D'ajudar vos ; aras entendatz qui :

Lo reis Felips es l'us, quar vai doptan Lo rei Richart, e cel lui dopta aissi (2)...

Outre Bertran de Born et l'auteur de la chanson Maugré tous sainz, des milliers de partisans de la croisade ont pu et dû, en

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