V. — MAUnitÉ TOUS SAIXZ KT MAUOHÉ DIEU AUSI GI
cette année 1187, croire que Philippe-Auguste ne partirait jamais et le traiter de recréant et àe failli.
Il nous semble donc très probable que la pièce est de Huon d'Oisi. Elle a été écrite par lui en 1189 ; elle est contemporaine exactement de cette autre chanson (Raynaud, 886), que Maisire RenaiLS fist de Nostrc Seignor:
Ke pensent li roi ? Grant mal font Cil de France et cil des Anglois, Ke Damedeu vengierne vont Et délivrer la sainte crois. Quant il a jugement vanront, Dont lor parra lor bone foi.
Se Deu faillent, a lui fauront.
Il dira : « Je ne vos conois. »
Cette interprétation a enfin l'avantage de supprimer une singularité que présentait la chanson, lorsqu'on la considérait comme écrite en 1191 ou 11 92. Si elle s'adresse à Conon revenant avec le roi de Saint-Jean-d'Acre, c'est-à-dire d'un siège rude et qui n'alla point sans quelques souffrances pour ceux qui y prirent part, comment le poète peut-il dire de Conon :
Bien puet sa croiz garder et estoier, K'encor l'a il tele qu'il l'en porta ?
Il ne servirait de rien de répondre que c'est un satirique qui parle, de qui il ne faut attendre ni justice ni mesure. Ce serait, en effet, oublier cette circonstance que le père de Conon, Robert \' le Fort, était mort en 1191 devant Saint-Jean-d'Acre. Si le satirique parle à Conon qui porte le deuil récent de son père et qui vient de courir les mêmes dangers que lui, lui dire qu'il revient avec sa croix vierge et neuve, ce n'est pas seulement une injustice, c'est une absurdité.
Texte de J/.
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Maugrez tous sainz et maugré Dieu au- si Revient Quesnes, et mal soit il
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vegnans
Ho-niz soit il et ses pre-e-chemans, Et hou-niz soit ke de g.
lui ne dit : «Fi !» Quant Dex ver-ra que ses besoinz ert grans, Il 11 fau-
J-— P— Ti
dra. car il li a fail- li.
Maugré tous sainz et maugré Dieu ausi Revient Quenes, et mal soit il vegnans !
Honiz soit il et ses preechemans, Et houniz soit ki de lui ne dit : <« Fi ]t) ! Quant Dex verra que ses besoinz ert granz, 8 II li faudra, car il li a failli.
Ne chantez mais, Quenes, je vouz en pri, Car voz chançons ne sont mes avenanz.
Or menrez vous honteuse vie ci ; 12 Ne vousistez por Diu morir joianz. Or vous conte on avoec les recreanz, Si remaindroiz avoec vo roi failli.
5 T ses preemans — 6 M Ke de lui ne d. si — 8 T quant il — 9 J/ De ch. 22 7' Et sest.