‹ Les chansons de croisadeChapitre 54 sur 145 · CHANTERAI POR MON CORAGE · texte numérisé non relu

CHANTERAI POR MON CORAGE

Raynaud : 21.

Manuscrits. M, T, C, 0, X, K.

Editions. F. Michel, p. 95 ; Leroux de Lincy, p. 105 ; P. Paris, dans X Histoire littéraire de la France, t. XXIII, p. 556 ; E. Crepet, Les poètes français,.., t. I, p. 188 ; Brakelmann, Arch.,t. XLIl, p. 315 ; P. Meyer, p. 368 (cette édition classe les manuscrits comme nous le ferons ci-dessous, sauf que le ms. X n'a pu y être utilisé).

Versification. Cinq strophes de huit octosyllabes. Formule : abababab ; les rimes a sont féminines dans toutes les strophes ; les rimes b sont masculines. Les rimes de la str. I sont aussi celles de la str. II ; les rimes de la troisième str. sont aussi celles de la quatrième ; le gi'oupement répond donc à la formule 2 + 2+î. Refrain de quatre vers de sept syHabes sur deux rimes abab, lesquelles ne se retrouvent ]')as dans les strophes.

Classement des manuscrits. Ils forment deux fiunilles : OXK d'une part, MTC de l'autre. Pour la parenté de OXK, voyez l'apj^areil critique surtout aux vers 9 (crierons pour crieront), 13 (transposition fautive des strophes III et I\' ; jilus

loin, transposition des strophes IV et V), 17, 43. Pour la parenté de MTC, voyez surtout au v. 49 (où engigiiie fausse la rime) et, comme indication que TC forment, à l'intérieur de cette famille, un groupe plus étroit, voyez le vers 14 {trespassés donne une rime inexacte), Ce classement peut être représenté par cette figure :

C'est aussi le classement établi par Schwan {Die afz, Liederhandschriften ; voy. surtout aux pages 'J2y 104 ss., 119,171), avec cette différence que C, selon lui, n'appartient pas au même groupe que MT. Cette parenté est pourtant assurée, du moins pour notre chanson, par la faute du vers 49.

Attribution et date. La pièce est anonyme dans quatre manuscrits ; M l'attribue à Guiot de Dijon, attribution que nul indice ne confirme ni ne contredit. Il va de soi qu'il faut laisser pour compte au rubricateur du manuscrit de Berne (C), coutumier, comme on sait, de telles libertés, la fantaisie qui l'a porté à écrire en tête de la chanson ces mots : Lai dame dou Faiel. Ils ne veulent pas dire, comme on l'a plus d'une fois compris. Lai de la dame du Faiel ; mais, lai étant la forme lorraine de l'article féminin, ils signifient que le rubricateur attribue la chanson à l'héroïne du Roman du Châtelain de Couci. Imagination maladroite, puisque la dame du Faiel est une femme mariée, tandis qu'il résulte des vers 17-20 de notre pièce que c'est une jeune fille qui chante ; — ou plutôt qui est censée chanter, car l'attribution de la pièce à Guiot de Dijon, comme l'attribution de la

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