‹ Les chansons de croisadeChapitre 59 sur 145 · S'ONQUES NUS HOM FOR DURE DEPARTIE · texte numérisé non relu

S'ONQUES NUS HOM FOR DURE DEPARTIE

Raynaud : 1126.

Manuscrits. T, D (Bibliothèque de la Ville de Francfort ; je dois une copie de ce manuscrit à l'obligeance de M. R. Gros), «, A (qui ne donne que les vers 1-12), U, C, O, R, K, A^, F, V, X ; ^ (Florence, Riccardi 2909, f* m v"), 7 (Rome, Vatic. 3208, f" 54 v""), 0 (Londres, Musée britannique, Harley ^JJ^, 1'* 14 r' ; mon ami, M. L. Brandin, a bien voulu prendre pour moi copie de ce ms.). Je n'ai pu me procurer le texte du ms. de Modène, f' 22b v". Je communique les variantes des manuscrits p et -/ d'après la reproduction diplomatique qu'en a donné Grùtzmacher dans XArchiv de Herrig, t. XXXIV (1864), p. 376.

Editions. De la Borde, p. 304 ; Fr. Michel, p. 89 ; Leroux de Lincy, p. 10 1 ; A. Keller, Romvart (1844), p. 257 ; P. Tarbé, p. 65; Miitzner, ]ip. 12, 93, 94, 96 ; Brakelmann, Arch., t. XLIII, p. 350 ; Fath, p. 91 ; Cari Engelcke, Du Ludtr des Hugues de Bregi (dissertation de doctorat de l'Université de Rostock), 1885, p. 27.

Versification. Strophes de huit décasyllabes ; formule : ijbabc caa ; la rime a est féminine ; les deux autres sont masculines. Les rimes groupent les couplets deux à deux, d'après la formule 2 + 2 + 2. Envoi de quatre vers. — M. P. Meyer a reniar-

que {Ro7nania, t. XIX, 1890, p. 35) que cette chanson a servi de modèle à un partimen de Sordel et de Bertran, composé vers 1230 ou 1240.

Classement des manuscrits. L'ordre des strophes, qui varie selon les manuscrits (voyez à la page 125), suffit à fournir les éléments principaux du classement. TDaA forment une famille (remarquez, outre l'ordre des strophes, les variantes du v. II). UC forment aussi un groupe (cf. les lacunes communes, etc.) ; Ry KNOP VX en forment un autre (voyez, entre autres preuves, l'ordre fautif où sont rangées les trois premières strophes et les vers 42-3) ; nous admettons, bien que cette chanson ne nous en donne pas de preuves certaines, que, ici comme ailleurs, les groupes ^C d'une part, RKNPVX d'autre part, appartiennent à la même famille. C'est à cette famille encore que semble appartenir ^, autant qu'on peut en juger à travers les altérations très nombreuses de cette copie : cf. par ex. les variantes des vers 9 et 16. Restent ,ô et y, sur lesquels voy. les remarques de M. P. Meyer dans la Rornania, t. XVII, p. 305) ; ils sont très prochement apparentés (voyez, entre autres traits, l'omission du v. 32); ils ne présentent, croyons-nous, aucune faute en commun avec les autres manuscrits, en sorte qu'ils forment une troisième famille. Parla, ils sont très précieux, malgré les fautes accumulées par des scribes qui ne savaient pas le français.

Auteur, origine et date de la chanson. Elle est attribuée à « Çirardus Brunel » par py, au roi de Navarre par C (qui n'a, comme on sait, aucune autorité), au Châtelain de Couci par KPVX, à a mesire Hugues de Bregi » par MTA ; elle est anonyme dans les autres manuscrits. Les trois familles, proposant chacune un nom différent, le châtelain de Couci et Çirardus Brunel ont, à première vue, autant de titres à revendiquer cette pièce que Hugues de Berzé. Il faut pourtant remarquer, avec

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