‹ Les chansons de croisadeChapitre 60 sur 145 · XI. — S'ONQUES NUS HOM l'OR DURE DEPARTIE · texte numérisé non relu

XI. — S'ONQUES NUS HOM l'OR DURE DEPARTIE

M. Fath {jmvr. cité, p. 29J, que le Châtelain de Couci emploie dans toutes ses chansons, pour les pedes de ses strophes, la disposition abab, jamais celle que nous voyons ici, abba. De plus l'attribution à Hugues de Berzé est appuyée par le fait que cette chanson a été accueillie dans des manuscrits provençaux imitée par des poètes provençaux ; or on sait (voy. la chanson BernarZy di juoi Foiiquet) que Hugues de Berzé a été en relations personnelles avec des troubadours.

G. Paris a consacré à Hugues de Berzé {Romania, t. XVIII, 1889, p. 553) une très jolie étude. Il faut y ajouter celle d'Oskar Schultz {Zeitschrift fur romanische Philologie, t. XVI, 1892, p. 504). Pour nous borner ici à l'essentiel, et renvoyant le lecteur à ces travaux, Hugues de Berzé était seigneur de Berzé-le-Châtel, près Mâcon, où l'on voit encore les ruines de son château. Il se croisa avec son père au concile de Citeaux, en septembre 1201, au témoignage de Villehardouin (§ 45). G. Paris {art. cité y p. 561) croit que Villehardouin se trompe sur la date ; mais voyez notre étude sur la pièce Bernarz, di moi Fouqxiet. Les quatre chansons d'amour que nous avons de lui indiquent, aussi bien que ses deux chansons de croisade, que ce seigneur bourguignon s'appliquait à écrire en français de France, et qu'il y réussissait tout à lait. Parti pour la croisade en 1202, il ne revint de Romanie (et peut-être de Syrie) qu'en 1207 ou 1208, comme il résulte d'un passage de sa Bible, ouvrage charmant de sa vieillesse (voyez Barbazan et M éon, Fabliaux et contes, t. II, p. 394 ; cf. G. Paris, art. citi, p. 568).

La chanson S'onqucs nus hom a été célèbre,comme le prouvent les nombreuses copies que nous en avons et l'imitation qu'en ont faite Sordel et Bertran ; elle est digne de cette célébrité, car, « parmi les nombreuses pièces de ce genre, aucune ne peint mieux les sentiments ii la lois vrais et conventionnels qui se partageaient le cœur d'un chevalier croisé, au moment de ipiitter tout ce qu'il aimait.»

La flotte superbe qui appareilla de Venise et cingla versZara et Constantinople emportait, à notre connaissance, trois trouvères lyriques : Conon de Béthune, Gui, châtelain de Couci et Hugues de Berzé. Mais le châtelain de Couci mourut en mer ; Conon était devenu un homme d'âge et d'importance et sans doute ne daignait plus chanter ; il est probable, comme on verra, que l'autre chanson de Hugues de Berzé est postérieure d'une vingtaine d'années aux événements de 1201 : en sorte que la chanson Sojiqiies îiiis hom et peut-être la chanson A 1er m'estiœt (voy. ci-après) représentent seules, semble-t-il, dans notre collection, la quatrième croisade.

Musique. Les nombreuses versions mélodiques de cette chanson se classent de la manière suivante :

Un manuscrit reste à part des autres ! R, ce qui n'est point pour nous surprendre. La mélodie représente un original distinct ; mais on sait que les mélodies de ce manuscrit sont défectueuses et récentes.

Les autres manuscrits dérivent d'un original mélodique différent, mais ils se répartissent en deux groupes principaux, notés à une quinte de distance, sans préjudice d'autres différenciations secondaires que ferait ressortir un appareil de variantes.

Nous mettrons dans un groupe KOPX et dans l'autre TV,

MÉLODIE L

Te^te mélodique de R.

S'on-ques nulz hom pour du-re de-par-ti-e Ot cuer do-lent, dont l'ai je par

rai-son, C'on-ques tourtre qui pert son con-pa-gnon Ne fu on-ques de

Xr. — S'OXQUES NUS HOM POR DURE DEPARTIE

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moi plus es- ba-hie. Ch.iscuns pleu-re sa terre et son pa- ïs, Quant il se

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part de ses co-reus a-mis; Mez il n'est nulz con-gié, quoy que nulz di- e,

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Si do-le-reus corn d'a-mi et d'a-mi-e.

MÉLODIE IL

Texte mélodique de A'.

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S'onques nus bons pour dure de-parti- e Ot cucr do-lent, je l'avrai par

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