Voy. d'Arbois de Jubainville, p. 307 ; Eœhricht, p
2. Car il aborda à Acre le l^' septembre (voy. Rœhricht, ibidem').
XVr. — AU TAXS PLAIX DE FELONIE 17^
qualité de roi de Jérusalem, avait conclu avec les Musulmans une trêve de dix ans, laquelle ne devait expirer qu'en 1239 : Frédéric tenait à ce que cette trêve fût respectée, et c'est pourquoi le pape voulait la rompre. Pourtant, après avoir excité ainsi les chrétiens à délivrer les lieux saints, Grégoire IX, sous le coup d'événements nouveaux, voulut employer à une autre destination les forces par lui suscitées : il se persuada que l'intérêt de la chrétienté était de porter secours, non pas au royaume de Jérusalem, mais d'abord à l'empire latin de Constantinople, fortement menacé par les Grecs. Pendant plus de deux ans, à partir du 9 décembre 1236, il ne cessa d'enjoindre aux croisés de renoncer à une expédition en Terre Sainte, les relevant de leurs vœux sous condition qu'ils s'embarqueraient pour Constantinople, employant à cette entreprise contre les Grecs les fonds payés par certains croisés pour le rachat de leurs engagements. Beaucoup suivirent les conseils du pape, qui réussit ainsi à fournir une belle armée au jeune empereur de Constantinople, Baudoin de Courtenay. D'autres refusèrent, et Thibaut de Champagne fut du nombre. Ils restèrent obstinément fidèles au projet de déHvrer les lieux saints, et s'irritèrent de voir le pape détourner vers une nouvelle entreprise tant d'hommes et tant d'argent. En octobre 1238, comme la trêve conclue par Frédéric II avec les Musulmans ne devait plus durer que quelques mois, ils offrirent à l'empereur de prendre le commandement de la croisade, et Vvédéric II avait presque accepté, quand le pape l'exconuiiunia (mars-avril 1239). Les croisés persistèrent pourtant à comj-itcr sur Frédéric pour les conduire en Syrie, et Thibaut, quittant la Champagne, sans doute le 2^ juin (i), se rendit à Lyon pour gagner de là son port d'embarquement.
(( Quand le pape apprit cpic les croisés allaient prendre pour chef l'ennemi le plus acharné du Saint-Siège, partit de Rome un