V. — Farai un vers, pos mi somelh
j Farai un vers, pos mi somelh,
E*m vauc e m'estauc al solelh; Domnas i a de mal conselh, 3
E sai dir cals :
Cellas c'amor de cavalier
Tornon a mais. 6
droit ni tort ; quand je ne la vois pas, je me passe aisément d'elle, car je n'estime pas cela la valeur d'un coq; j'en sais une, en effet, plus aimable et plus belle et qui vaut davantage.
vu. — Mon « vers » est fait, je ne sais sur quoi ; je vais l'envoyer à celui qui, par un autre, l'enverra là-bas vers l'Anjou...
V, 1. — Je ferai un « vers », puisque je suis endormi et que je marche, tout en restant au soleil. Il y a des dames pleines de mauvais desseins, et je puis vous dire qui elles sont : ce sont celles qui tournent à mal (méprisent) l'amour des chevaliers.
\. KARAI I in
ii Domna fai gran pechat moi
( k no .iin.i cavalier teal :
Mas m es monges o < lergal,
Non .1 r.ii/.o :
Per dreg la deuri1 hom c remai Vb un tezo.
m En Alvernhe, part Lemozi,
M'en aniej totz sols a tapi :
Trobei la moller d'en Guari
E d'en Bernart; Saluderon mi simplamentz Per sant I. a un art.
i\ La una*m diz en son latin :
« E Dieus vos salf, don pèlerin :
Moût mi semblatz de bel aizin, i
Mon escient; Mas trop vezem anar pel mon
De folla gent. » h
u. — Elle fait un grand péché, un péché mortel, la dame qui n'aime pas un loyal chevalier ; si celui qu'elle aime est un moint ou un clerc, elle a tort : on devrait la brûler sur des tisons ardents.
ni. — En Auvergne, de l'autre côté du Limousin, je m'en allais, seul et sans bruit, quand je rencontrai la femme de sire Garin et celle de sire Bernard ; elle me saluèrent aimablement, au nom de saint Léonard.
iv. — L'une me dit en son langage : « Dieu vous soit en aide. sire pèlerin; vous me semblez de fort bonne race; mais nou> voyons aller par le monde bien des fous. »
Guillaume IX 2
v Ar auzires qu'ai respondut ;
Ane no li diz ni bat ni but,
Ni fer ni fust no ai mentaugut, 27
Mas sol aitan :
« Babariol, babariol,
Babarian. » 30
v] So diz n'Agnes a n'Ermessen :
« Trobat avem que anam queren.
Sor, per amor Deu, Talberguem, 33
Qe ben es mutz, E ja per lui nostre conselh
Non er saubutz. » 36
vn Launa-m près sotz son mantel,
Menet m'en sa cambra, al fornel.
Sapchatz qu'a mi fo bon e bel, 39
E'1 focs fo bos, Et eu calfei me volentiers
Als gros carbos. 42
viii A manjar mi deron capos,
v. — Or, sachez ce que je lui répondis ; je ne lui dis ni « bat » ni « but », je ne lui parlai ni d'outil ni de manche, mais lui dis seulement : « Babariol, babariol, babarian. »
vi. — Alors, Agnès dit à Ermessen : « Nous avons trouvé ce que nous cherchons. Ma sœur, pour l'amour de Dieu, hébergeons-le, car il est vraiment muet : jamais par lui notre conduite ne sera connue. »
vu. — L'une me prit sous son manteau et me mena dans sa chambre, près du fourneau. Sachez que cela me plut fort ; le feu était bon, et je me chauffai volontiers auprès des gros charbons.
vin. — Elles me firent manger des chapons; sachez qu'il y en