‹ Les chansons de Guillaume IXChapitre 14 sur 38 · V. — Farai un vers, pos mi somelh · texte numérisé non relu

V. — Farai un vers, pos mi somelh

j Farai un vers, pos mi somelh,

E*m vauc e m'estauc al solelh; Domnas i a de mal conselh, 3

E sai dir cals :

Cellas c'amor de cavalier

Tornon a mais. 6

droit ni tort ; quand je ne la vois pas, je me passe aisément d'elle, car je n'estime pas cela la valeur d'un coq; j'en sais une, en effet, plus aimable et plus belle et qui vaut davantage.

vu. — Mon « vers » est fait, je ne sais sur quoi ; je vais l'envoyer à celui qui, par un autre, l'enverra là-bas vers l'Anjou...

V, 1. — Je ferai un « vers », puisque je suis endormi et que je marche, tout en restant au soleil. Il y a des dames pleines de mauvais desseins, et je puis vous dire qui elles sont : ce sont celles qui tournent à mal (méprisent) l'amour des chevaliers.

\. KARAI I in

ii Domna fai gran pechat moi

( k no .iin.i cavalier teal :

Mas m es monges o < lergal,

Non .1 r.ii/.o :

Per dreg la deuri1 hom c remai Vb un tezo.

m En Alvernhe, part Lemozi,

M'en aniej totz sols a tapi :

Trobei la moller d'en Guari

E d'en Bernart; Saluderon mi simplamentz Per sant I. a un art.

i\ La una*m diz en son latin :

« E Dieus vos salf, don pèlerin :

Moût mi semblatz de bel aizin, i

Mon escient; Mas trop vezem anar pel mon

De folla gent. » h

u. — Elle fait un grand péché, un péché mortel, la dame qui n'aime pas un loyal chevalier ; si celui qu'elle aime est un moint ou un clerc, elle a tort : on devrait la brûler sur des tisons ardents.

ni. — En Auvergne, de l'autre côté du Limousin, je m'en allais, seul et sans bruit, quand je rencontrai la femme de sire Garin et celle de sire Bernard ; elle me saluèrent aimablement, au nom de saint Léonard.

iv. — L'une me dit en son langage : « Dieu vous soit en aide. sire pèlerin; vous me semblez de fort bonne race; mais nou> voyons aller par le monde bien des fous. »

Guillaume IX 2

v Ar auzires qu'ai respondut ;

Ane no li diz ni bat ni but,

Ni fer ni fust no ai mentaugut, 27

Mas sol aitan :

« Babariol, babariol,

Babarian. » 30

v] So diz n'Agnes a n'Ermessen :

« Trobat avem que anam queren.

Sor, per amor Deu, Talberguem, 33

Qe ben es mutz, E ja per lui nostre conselh

Non er saubutz. » 36

vn Launa-m près sotz son mantel,

Menet m'en sa cambra, al fornel.

Sapchatz qu'a mi fo bon e bel, 39

E'1 focs fo bos, Et eu calfei me volentiers

Als gros carbos. 42

viii A manjar mi deron capos,

v. — Or, sachez ce que je lui répondis ; je ne lui dis ni « bat » ni « but », je ne lui parlai ni d'outil ni de manche, mais lui dis seulement : « Babariol, babariol, babarian. »

vi. — Alors, Agnès dit à Ermessen : « Nous avons trouvé ce que nous cherchons. Ma sœur, pour l'amour de Dieu, hébergeons-le, car il est vraiment muet : jamais par lui notre conduite ne sera connue. »

vu. — L'une me prit sous son manteau et me mena dans sa chambre, près du fourneau. Sachez que cela me plut fort ; le feu était bon, et je me chauffai volontiers auprès des gros charbons.

vin. — Elles me firent manger des chapons; sachez qu'il y en

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