‹ Les chansons de Guillaume IXChapitre 4 sur 38 · Jahrbuch fur rom. und engl. Literatur, XIV, p · texte numérisé non relu

Jahrbuch fur rom. und engl. Literatur, XIV, p

4. Op. cit., pp. 38-43. Les observations sur le mot vers, opposé à chanso (v. 40), doivent être supprimées, vers représentant là ver us, non versus.

5 . Dans a une seconde version de X est attribuée (p. 241) à Jaufré Rudel ; mais cette attribution est contredite plus haut par le même ms. (p. 202), ici d'accord avec N.

lations », le fait que ( ruillaume ré< itaii lui m< me i

qu'il s'agit i< i, non d'une ■■• m te de h n

cru p.n fois ' , m il • d'une poésie d \ i ourte baleine, h riqi

quoique narrative pai le contenu, as& z anal

pièce V.

On .1 souvent cité le passageoù Guillaume de Malmesbury ; que le comte de Poitiers avait eu l'idée, aus ;ante qi

daleuse, de fonder à Niort, sur le modèle des monastèn har

treux, certaine « abbatîam pellicum ». M. Rajna .1 fort bien mon tré ' que le chroniqueur avait pris pour une réalité une fantaisie de

poète, et que nous avons la simplement une .illusion a une pièce perdue, qui, contenant des noms propres, put bien en SOU temps

causer quelque scandale.

|e me demande si ce n'est pas de la même façon qu'il faut interpréter deux autres passages très analogues. Le même historien raconte que Guillaume avait fait peindre sur son bouclier l'image d'une vicomtesse, sa concubine, « perinde dictitans se illam velle ferre in praeito, sicut illa portabat eum in triclinio ». Je ne pense pas que Guillaume, malgré le sans-gêne de sa conduite, ait osé pousser le cynisme jusqu'à arborer sur ses armes le portrait d'une femme de qualité, enlevée à son légitime époux ; l'idée a pu être exprimée au contraire dans une de ces facétieuses gasconnades comme nous en avons gardé quelques-unes ; et l'antithèse même dont le chroniqueur nous a conservé le souvenir ne fournissait-elle pas a une pièce de ce genre un trait final tout à fait réussi ?

M. Chabaneau a conjecturé avec vraisemblances que notre Guillaume pourrait bien être le héros d'une anecdote racontée par Etienne de Bourbon, au sujet d'un certain comte de Poitiers, lequel, s'étant déguisé pour faire différents métiers et en comparer les agréments, aurait fini par donner la palme à celui des marchands fréquentant les foires, « qui intrânt tabernas, in quibus inveniunt promptas et

1. Millot, op. cit., p. 16. M. Sachse fp. 21 n.) rappelle que Guillaume n'a pas été fait prisonnier et veut prendre captivitas au sens moderne (a. fr. chaitivetc), comme synonyme de miserias. Mats il se peut que le chroniqueur n'ait eu de la pièce en question qu'une connaissance assez vague.

2. Remania, VI, 249 ss. ; cf. Chabaneau, op. cit., p. 7. 3 . Revue des tangues romanes, XXIII, 98.

Guillaume IX 11

paratas quas volunt delicias », et qui seraient parfaitement heureux, si ne survenait bientôt la cruelle nécessité de solder la note de leurs dépenses. N'est-ce pas là encore une fantaisie purement poétique et qui pouvait fournir matière à de jolis développements?

IV. Langue et versification. — La langue de Guillaume IX est, à quelques traits près, celle des autres troubadours : ce sont uniquement ces traits particuliers que nous nous proposons de relever.

L'un des plus frappants consiste en ce que è [fermé] latin, qui reste é dans le provençal commun, se transforme en ei ; en effet, les mots venant de è pur riment avec ceux qui remontent à é -f- y (== ei en provençal commun) *« Cette confusion, qui ne s'observe dans aucun des dialectes méridionaux, est fréquente chez les troubadours, quel que soit leur pays d'origine 2 ; elle se trouve aussi dans plusieurs textes épiques, comme Girart de Roussilhn et Aigar et Maurin 3.

Un autre trait non moins caractéristique est la vocalisation de / (ou //) finale après a (IV passim, VII 39). Cette vocalisation, fréquente chez les troubadours les plus anciens, paraît avoir été évitée par ceux du xme siècle 4.

Dans le premier de ces traits, on a voulu voir une influence « française 5 » . Ce n'est pas assez dire ; ce n'est pas à un dialecte quelconque du Nord que Guillaume le doit, mais à celui-là même qui était parlé dans la capitale de ses Etats. La transformation de è en ei est en effet normale en Poitou comme en Saintonge 6.

1. II : met, trei, crei, fei, niercei, conrei, palafrei ; III : conreis (écrit coures), agueis, prels, deveis, ireis, espeis, seis. Dans la pièce III la graphie par e a subsisté pour plusieurs mots (M. Sachse a eu le tort d'y voir de simples assonances), mais l'exemple de la pièce II nous autorise à rétablir partout ei.

2. Par ex. Cercamon (n° III de l'éd. Dejeanne), Marcabrun, B. de Yen ta dour, B. de Born, Sicart de Marvejols (Raynouard, IV, 191).

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