‹ Les chansons de Guillaume IXChapitre 5 sur 38 · Cres;ini, Manualetto provençale, 2e éd., 190$, p · texte numérisé non relu

Cres;ini, Manualetto provençale, 2e éd., 190$, p

6. Gœrlich, Die siidiuestliche Dialekte der tangue d'oïl (dans Fran^psische St udien , III), p. 38. En limousin ancien, Preste è\ le son ei, fréquent en limousin moderne, provient de c libre, de è -}- s devant consonne, ou du suffixe -en se m

LANGUE il VERSIFH ITIO

Le second pourrait passeï poui un gasconismi mai chez troubadours gascons eux même .. il serait le seul, 5t on ne ■ oit pa le dialecte gascon av. Tu joui d'une prééminence littéraire, pourquoi Guillaume lui aurait fait ce seul emprunt, cette particularité trouve au reste chez des troubadours qui n'ont rien à voir ave la Gascogne1. Il reste donc qu'il soit, comme te premier, un poitevinisme -.

Ce ne sont pas, au reste, les seuls. J'en vois un autre dans cette l'orme joy, si intéressante pour L'histoire des origines de la poésie de

cour. Le limousin, s'il change g latin en/ devant a, garde la diphtongue au ; le poitevin, au contraire, connaît le changement de en / et celui de au en o *.

C'en est un autre enfin, et très caractéristique, que l'infinitif guahier (VI 43), auquel il faut sans doute ajouter doblier (ib. 52). Ces infinitifs en -ier sont de véritables barbarismes, même en poitevin : la « loi de Bartsch » ne s'exerçant pas dans ce dialecte, les infini 1 il s même où l'a est influencé par un yod sont en e pur. Mais c'est un fait que ces formes hybrides en -ier ont été usitées en Poitou : on les trouve, par exemple, dans une chanson de Richard Cœur-de-Lion, lui aussi comte de Poitiers 4. On peut supposer que les écrivains du Poitou, connaissant, dans les dialectes plus septentrionaux, l'existence

(voir Chabaneau, Grammaire limousine, p. 25 et 249). — C'est ce qu'a déjà remarqué M. R. Karch, Die nordfranipsischen Elemente im Allprûvenialischen (diss. de Heidelberg), Darmstadt, 1901, p. 26

1. On pourrait y voir, chez B. de Boni et G. de Puycibot, un liraousinisme; mais cette explication ne serait pas valable pour Peire Vidal, Rambaut d'Orange et A. dePegulhan (Malin, Gediehte, 604); je ne parle pas de Jaufré Rudel, chez qui on pourrait voir là une influence gasconne.

2. La vocalisation de / rinale est normale en Poitou, Aunis et Saintonge (Gœrhch, op. cit., p. 20).

3. Cf. poy de pau eu m, relevé par M. Gcerlich dans le Turpin sain ton geais; M. Settegast, qui a étudié d'une façon si complète l'emploi du mot (Joi in der Sprache der Troubadours, etc., dans Berichte iiber die Abhandlungen der sàchs. Gesellscb. der Wissensch., t. XL1, 1889), n'en a pas recherché avec précision l'origine. Il suppose (p. 152) que joi, jai, gaug appartiennent à trois dialectes méridionaux. M. Crescini (Man., p. 22) attribue joi à une influence française. De même M. Karch, op. cil., p. 27.

4. Brakelmann, Les plus anciens chansonniers français (Ausgaben, n° XCIV), p. 22. Il y en a aussi quelques exemples dans le ms. B de Girart de Roussillon, que M. P. Meyer ocalise au sud du Poitou.

d'infinitifs en -1er, ont accepté ces formes pour la commodité de la versification et leur ont même donné une extension fautive V

Je citerai enfin enclos tre (VIII 19) et retenir (IX 33) ; le premier de ces deux mots est conforme à la phonétique poitevine; le second a dû être emprunté à un dialecte septentrional quelconque ; on sait qu'il s'est perpétué dans la langue des troubadours 2.

Il y a dans la pièce VIII (str. iv) quelques formes qui méritent d'être relevées, quoiqu'elles n'aient pas d'intérêt au point de vue dialectal ; deslonja, ponja (au lieu de deslonha, ponha) î ont dû être appelés par la rime : ces deux graphies doivent au reste représenter des sons à peine différents.

Cette influence très sensible du dialecte du Poitou sur la langue courtoise explique les noms de « son poitevin », « chanson poitevine », qui sont souvent donnés à des poésies provençales ♦«

La versification, chez un poète aussi ancien que Guillaume, présente un intérêt tout particulier. Voici d'abord le tableau des formes de strophe qu'il a employées (les italiques désignent les rimes féminines) :

I, II, III : 11 a 11 a 14 a.

IV, VII : 8 a 8 a 8 a 4 b 8 a 4 b. V:8a8a8a4b 8x4b.

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