‹ Les chansons de Guillaume IXChapitre 7 sur 38 · Voy. Erdmannsdœrffer, op. cit.. p · texte numérisé non relu

Voy. Erdmannsdœrffer, op. cit.. p

V. Le poète. — Diez l partage les poésies de Guillaume en trois catégories selon que l'inspiration en est « sensuelle », « tendre » ou « sérieuse ». J'adopte cette division en y faisant rentrer les deux pièces que Diez n'a pas connues. Le dernier groupe ne comprend qu'une pièce (XI); le second se compose des pièces que nous appellerions plutôt « courtoises » (VII-X). Je réunis dans le premier des pièces que M. Sachse2 sépare à tort, c'est-à-dire les trois « romances » commençant par Companho (I-III), le coq-àl'âne (IV) et les deux amusantes gasconnades (V, VI) qui ne s'en distinguent que par la forme et sont d'inspiration très analogue.

Il serait bien intéressant de savoir ce qui, dans ces dernières pièces, appartient en propre à Guillaume, ce qui remonte à une tradition antérieure. Le comte de Poitiers, malgré ses dons très réels d'imagination, n'est pas l'auteur de toutes les bizarres fantaisies dont riaient à gorge déployée ses « compagnons », sans doute des compagnons de table et de débauche. L'équivoque sur laquelle repose la pièce I était connue dès l'antiquité ; la pièce V repose sur un conte qui devait être, comme l'a indiqué Diez, repris par Boccace 3; lieux communs aussi, les vantardises qui forment le début de la pièce VI, les nonsens contrastés qui remplissent la pièce IV, et probablement enfin les plaisanteries (II) sur l'inutilité des précautions prises par certains maris 4. Il reste donc une somme d'invention assez mince, et les plus folles imaginations de ce jongleur couronné nous apparaissent comme des variations sur des thèmes connus.

Ce qui est plus intéressant, c'est de découvrir, « en germe », comme Diez l'a fort bien dit, les principaux traits ou lieux communs qui caractériseront bientôt la poésie de cour, et même certaines expressions dont elle usera jusqu'à son extrême déclin.

L'espèce d'exaltation mystique qui a pour cause et pour objet à la fois la femme aimée et l'amour lui-même était déjà désignée sous

j. Op. cit., p. 7.

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