‹ Les chansons de Guillaume IXChapitre 8 sur 38 · Dêcamêron, III · texte numérisé non relu

Dêcamêron, III

4. Des réflexions analogues, présentées sous une forme plus sérieuse et plus âpre, remplissent, on le sait, les poésies de Marcabru, et ne sont pas rares dans celles des premiers troubadours (Cercamon par exemple).

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respectives de la femme aimée et de l'amant : l'un inexorable (VII, str, u, m; VIII i . IX |j ; X 7-oj; l'an repousse ( V II, sir. u, ni ), timide .111 point de 11 I irer (IX

|0 ; X 10) ;, Comptant Sur la patience Comme le meilleur moyen

d'arriver à ses lins (Vil, str. u) : déjà la femme est louée pour

qualités mondaines ( IX 2 1 ) et l'amour est considéré, pour l'homme, comme la source de ces mêmes qualités (Vil $3-6). Mais, d'autre part, les idées ne sont pas encore poussées au point d'être ridicules ou déraisonnables : Guillaume ne parle nulle part de son indignité et ne se répand point en humbles protestations. Non seulement l'amour ne se donne pas comme platonique, mais l'expression du désir sensuel revêt des formes très crues, parfois presque brutales (VIII, str. m ; X 2.| ; cl. IX 6)4. Elle commençait enfin à s'imposer, cette convention, qui devait devenir si tyrannique, de commencer les chansons d'amour par la description d'une saison, particulièrement du printemps s.

De ces remarques, on peut conclure avec certitude que les conditions sociales d'où sortit la poésie courtoise existaient avant le début du xil« siècle ; cette poésie en effet avait dès lors ses principaux lieux communs, sa langue, ses formules. Que Guillaume IX n'ait point été le premier des troubadours, c'est ce qu'on a inféré depuis longtemps delà perfection relative de son style et de sa versification 6.

1 . On peut lui comparer, au point de vue du mérite poétique, une strophe (X, m) d'une grâce vraiment délicieuse.

2 . Voy. E. Wechsslcr, Frauendienst und Vatsalitàt, dans Zeitschrift fur fran\. Spracbe, XXIV, 159. L'emploi des expressions escriure en sa carta et retenir (Vlll 8, 26) est tout à fait probant.

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