‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 14 sur 79 · DUEL EN JUIN · texte numérisé non relu

DUEL EN JUIN

A UN AMI

Jeanne a laissé de son jarret Tomber un joli ruban rose Qu'en vers on diviniserait, Qu'on baise simplement en prose.

Comme femme elle met des bas,^ Comme ange elle a droit à des ailes; Résultat : demain je me bats.

Les jours sont longs, les nuits sont belles,

On fait les foins, et ce barbon.

L'usage, roi de l'équipée.

Veut qu'on prenne un pré qui sent bon Pour se donner des coups d'épée.

Pendant qu'aux lueurs du matin La lame à la lame est croisée.

Dans l'herbe humide et dans le thym Les grives boivent la rosée.

LES CHANSONS DES HUES ET DUS liOIS.

Tu sais ce iiiarquis insolent?

Il ordonne, il rit. Jamais ivre Et tonjours pris; c'est son talent.

11 faut ou le fuir, ou le suivre.

Qui le fuit a l'air d'un poltron.

Qui le suit est un imbécile.

11 est jeune, pai, fanfaron, Leste, vif, pétulant, fo.ssile.

11 hait Vollairt^; il se croit né Pas tout à fait comme les autres; 11 sert la messe, il sert IMiryné; Il mêle Gnide aux patenôtres.

Le ruban perdu, ce mupuet L'a trouvé; quelle bonne fête!

Il s'en est vanté chez Saguet ; Moi, je passais par là, tout bôtc:

J'analysais, précisément Dans cet instant-là, les bastilles, Les trônes, Dieu, le firmament.

Et les rubans des jeunes filles;

Et j'entendis un quolibet;

Comme il s'en donnait, le coq d'Inde!

Car on insulte dans Habet

Ce qu'on adore dans Horinde.

Le marquis agitait en l'air Un fil, un chiffon, quelque chose Q)ui parfois semblait un éclair Et parfois semblait une rose.

Tout de suite je reconnus Ce diminutif adorable De la ceinture de Vénus.

J'aime, donc je suis misérable;

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