GARE
On a peur, tant elle est belle!
Fût-on don Juan ou Caton.
On la redoute rebelle ; Tendre, que deviendrait-on?
Elle est joyeuse et céleste!
Elle vient de ce Brésil Si doré qu'il fait du reste De Tunivers un exil.
A quatorze ans épousée,
Et veuve au bout de dix moi?,
Elle a toute la rosée
De l'aurore au fond des bois.
Elle est vierge; à peine née.
Son mari fut un vieillard; Dieu brisa cet hyménée De Trop tôt avec Trop tard.
Apprenez qu'elle se nomme Dona Rosita Rosa;
J.'i2 m:s chansons dks hues et iji;s nois.
Dieu, la (k'sljnant à l'homme, Aux anges la rofusa.
Kllc est ifriioraiilc cl libre, Kt sa caiuleur la dcfeiid.
Kllc a tout, accent qui vibre, Chanson triste et rire enfant,
Tout, le caquet, le silence.
Ces petits pieds familiers Créés pour rinvraisemblance Des romans et des souliers.
Et cet air des jeunes kves Qu'on nommait jadis fripon, Kt le lourbillun iU's rêves Dans les plis de son jupon.
Cet être qui nous attire, Agnès cousine d'IIébé, Enivrerait un satyre Et griserait un abbé.
Devant tant de beautés pures, Devant tant de frais rayons, La chair fait des conjectures Kt rânic ries visions.
Au teiiijjs itrcscnl l'eau saline, Ka blanche écume des mers S'a|>p('lh' la mousseline:
On voit Vénus à travers.
Le réel fait notre extase; Et nous serions plus épris De voir Ninon sous la gaze Que sous la vai:ue Cypris.
Nous préférons la dent(^lle Au flot dia|>lianc <'t frais;