‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 76 sur 79 · PENDANT UNE MALADIE. 2GI · texte numérisé non relu

PENDANT UNE MALADIE. 2GI

Est-ce le grand Rien d'Épicure, Ou le grand Tout de Spinosa?

Les médecins s'en vont moroses ; On parle bas autour de moi, Et tout penche, et même les choses Ont l'attitude de l'efifroi.

Perdu! voilà ce qu'on murmure.

Tout mon corps vacille, et je sens Se déclouer la sombre armure De ma raison et de mes sens.

Je vois l'immense instant suprême Dans les ténèbres arriver.

L'astre pâle au fond du ciel blême Dessine son vague lever.

L'heure réelle, ou décevante.

Dresse son front mystérieux.

Ne crois pas que je m'épouvante ; J'ai toujours été curieux.

Mon âme se change en prunelle ; Ma raison sonde Dieu voilé; Je tàte la porte éternelle.

Et j'essaie à la nuit ma clé.

C'est Dieu que le fossoyeur creuse; Mourir, c'est l'heure de savoir ; Je dis à la mort : Vieille ouvreuse, Je viens voir le spectacle noir.

A UN AMI

Sur TeBrayanto falaise, Mur par la vague entr'ouvert, Hoc sombre où tleuril h Taise Un charmant pclit pré vorl,

Ami, puisque tu me laisses Ta maison loin des vivants Kntre ces deux allégresses, Les grands Ilots et les grands vents,

Salut! merci! les fortunes Sont fragiles, et nos temps.

Comme l'algue sous les (lune.

Sont dans Tablme. et tloltants.

Nos Ames sont des nuées Ou'un vent pousse, âpre ou béni, Kt qui voleiil, dénouées.

Du côté d(î rinlini.

L'énorme bourrastpie humaine, Dont l'étoile est la raison,

A UN AMI. 263

Prend, quitte, emporte et ramène L'espérance à Thorizon.

Cette grande onde inquiète Dont notre siècle est meurtri, Écume et gronde, et me jette Parfois mon nom dans un cri.

La haine sur moi s'arrête.

Ma pensée est dans ce bruit Comme un oiseau de tempête Parmi des oiseaux de nuit.

Pendant qu'ici je cultive Ton cliamp comme tu le veux, Dans maint journal l'invective Grince et me prend aux cheveux.

La diatribe m'écharpe.

Je suis âne ou scélérat; .

Je suis Pradon pour La Harpe, Et pour de Maistre Marat.

Qu'importe! les cœurs sont ivres.

Les temps qui viennent feront Ce qu'ils pourront de mes livres Et de moi ce qu'ils voudront.

J'ai pour joie et pour merveille De voir, dans Ion pré dTIonfleur, Trembler au poids d'une abeille 'Un brin de lavande en fleur.

A MON AMI

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