‹ Les chansons des rues et des boisChapitre 77 sur 79 · LA S A I N T K CHAPELLE · texte numérisé non relu

LA S A I N T K CHAPELLE

Tu sais? tu connais ma chapelle, C'est la maison dos passereaux.

L'abeille aux ollices m'appelle Vax bourdonnant dans les sureaux.

Là mon cœur prend sa nourriture.

Dans ma stalle je vais m'asseoir.

Oh! quel bénitier, la nature!

Quel cierge, l'étoile du soir!

Là, je vais prier; je m'enivre

De l'idéal dans le réel ;

La (leur, c'est l'ùme ; et je sens vivre

A travers la terre le ciel.

Kt la l'osée est mon baptême, Et le vrai m'apparail! je crois.

Je dis : viens! à celle que j'aime.

Elle, moi, Dieu, nous sommes trois.

(Car j'ai dans mes bribes latines Lu que Dieu veut le nombre impair.) Je vais chez l'aurore à matines, Je vais à vêpres chez Vesper.

La religion naturelle M'ouvre son livre où Job lisait, Où luit l'astre, où la sauterelle Saute de verset en verset.

C'est le seul temple. Tout l'anime.

Je veux Christ; un rayon descend; Et si je demande un minime, L'infusoire me dit : Présent.

La lumière est la sainte hostie; Le lévite est le lys vermeil; Là resplendit l'eucharistie Qu'on appelle aussi le soleil.

La bouche de la primevère S'ouvre et reçoit le saint rayon ; Je regarde la rose faire Sa première communion.

AJIOUR DE LEAU

Je récite mon bréviaire Dans les champs, et j'ai pour souffleur Tantôt le jonc sur la rivière.

Tantôt la mouche dans la (leur.

'it>6 Li:S CHANSONS DKS HLES ET DKS ItOIS.

F>c ]Kiï'lc aux torrents se plonjjc; Il aime un roc des vents battu ; Ce qui coule ressemble au songe, Et ce qui lave à la vertu.

l'as de ruisseau qui, sur sa rive Où l'air Jase, où germinal rit, N'attire un bouvreuil, uno arrive, Un merle, un poëte, un esprit.

Le poëte, assis soas l'yeuse, Dans les fleurs, comme en un sérail, Aime l'eau, cette paresseuse Qui fait un si profond travail.

Que ce soit riirdre ou la Durance, Pourvu que le flot soit flâneur.

Il se donne la transparence D'une rivière pour bonheur.

Elle erre; on dirait qu'elle écoute; Recevant de tout un tribut, Oubliani comme lui sa route.

Et, comme lui, sachant son but.

Et sur sa berge il m^ne en laisse Ode, roman, ou fabliau.

George Sand a la Gargilesse Comme Horace avait lAnio.

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