‹ Les chansons du soirChapitre 26 sur 36 · II. est dahs sâ nature De sentir en dormant Si l’on ment · texte numérisé non relu

II. est dahs sâ nature De sentir en dormant Si l’on ment

Bénigne créature, ' ;

Il abhorre le mal.

Son sommeil se prolonge Tantôt plus, tantôt moins, Sans témoins.

Sans que, même en un songe.

Personne ait eu l’espoir De le voir.

Mais il est ; il habite En nous, sans faire bruit, ■ Et nous suit.

Il se plaint, il s’agite Si nous ne marchons pas Bien au pas.

Des savants qu’on renomme • Ont usé leurs creusets.

Vains essais.

Pour faire un pétit homme Semblable à celui-là Que voilà.

C’est un plus grand Chimiste Qui le fit, le forma,

L’anima,

Et, patient artiste,

' Ne veut le mettre au jour Qu’à son tour.

Il est sous notre garde.

Il nous est confié,

Et lié.

" Qu’il avance ou qu’il tarde.

Nous et lui, c’est tout un :

Sort commun.

Devenu plus agile.

Quand doit-il s’éveiller,

Gazouiller ?

Quand son berceau fragile En pièces s’en ira,

Tombera.

Alors, le petit homme,

Plu? grand qu’aucun de nous, , Que nous tous, ■

S’il a fait un bon somme, !

Bénira ce réveil Sans pareil. .

Qu’il dorme bien,

• Qu’il dorme bien; ’

iQu’il se dorloté bien !

Sans se douter,

• ’ Sans se douter,'

Sans se douter de rien.

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