II. est dahs sâ nature De sentir en dormant Si l’on ment
Bénigne créature, ' ;
Il abhorre le mal.
Son sommeil se prolonge Tantôt plus, tantôt moins, Sans témoins.
Sans que, même en un songe.
Personne ait eu l’espoir De le voir.
Mais il est ; il habite En nous, sans faire bruit, ■ Et nous suit.
Il se plaint, il s’agite Si nous ne marchons pas Bien au pas.
Des savants qu’on renomme • Ont usé leurs creusets.
Vains essais.
Pour faire un pétit homme Semblable à celui-là Que voilà.
C’est un plus grand Chimiste Qui le fit, le forma,
L’anima,
Et, patient artiste,
' Ne veut le mettre au jour Qu’à son tour.
Il est sous notre garde.
Il nous est confié,
Et lié.
" Qu’il avance ou qu’il tarde.
Nous et lui, c’est tout un :
Sort commun.
Devenu plus agile.
Quand doit-il s’éveiller,
Gazouiller ?
Quand son berceau fragile En pièces s’en ira,
Tombera.
Alors, le petit homme,
Plu? grand qu’aucun de nous, , Que nous tous, ■
S’il a fait un bon somme, !
Bénira ce réveil Sans pareil. .
Qu’il dorme bien,
• Qu’il dorme bien; ’
iQu’il se dorloté bien !
Sans se douter,
• ’ Sans se douter,'
Sans se douter de rien.