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LA BAIGNOIRE

SOUVENIRS Ü’ÉeOLlERS.

A Nyon, la riante ville . Qui se dresse sur son eoteàu, .

■ ' Avec ses murs, son vieux château,

Le lac est bleu, d’un bleu tranquille, A Nyon, la riante ville.

Sitôt que l’école finit.

Nous courons là, sur le rivage,

• Petits canards, troupe sauvage,*

Nous retournons à notre nid,

Sitôt que l'école finit.

A notre nid, un pli dans l’onde,

Qui nous y berce, et va changeant Ce pli d’azur en pli d’argent

Quand, pour mieux rire, elle nous gronde.

C’est notre nid, un pli dans l’onde.

Mais, dans le sable fin et chaud.

Nous en avons encore un autre.

Où l’on s’étend, où l’on se vautre.

Jambes en l’air, bien comme il faut.

Dans notre nid de sable chaud.

Pour confesser toute l’histoire.

Notre peignoir est sans apprêts.

Le sable seul en fait les frais,

Même il retombe en la baignoire.

Pour confesser toute l’histoire.

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Vaste baignoire au bleu contour, Frangé d’argent des hautes cimes,

Et qui nous ouvre en ses abîmes Un second ciel, un second jour;

Vaste baignoire au bleu contour.

Un oiseau parti dès l’aurore Ne ferait pas de ce bassin Le tour entier, sans nul larcin,

Avant le soir, qui le colore.

Gomme au départ la blonde aurore.

C’est là que sont nos grands ébats.

Dans ces flots purs qui nous enlacent.

Qui nous font haie et se remplacent.

Et semblent nous parler tout bas ; C’est là que sont nos grands ébats.

Près de nous passe une mouette.

Rasant le flot capricieux ; >

Etj de la rive au fond des deux,

S’élance et chante l’alouette.

Près de nous passe une mouette ;

Sur le flot bleu c’est un flot blanc Qui s’en détache et prend une aile ;

A tour de bras nageant sous elle, •’

Nous la suivons presque en volant,

Sur le flot bleu conime un flot blanc.

Mais le plus beau,' c’est un navire Que nous frétons subtilement, '

Un madrier, long bâtiment, • ,

Tenant bien l’eau, sans qu’il chavire.

Quoique tout plat,. notre navire.

Jambes deçà, jambes delà.

Nos pieds, nos mains pour seules rames,' Sans gouvernail, ni mâts, ni flammes,

Il est lancé, lious y voilà Jambes'de^j jatttbes delà. . !

A cheval sur les ondes folles,

* *.**'■•' • Au forge ainsi nous avançons, ’ '

A fleur d’eau comme le« poissons,.'

• Qui nous prennent pour leurs idoles, '

' A cheval sur fos ondes folles. • ’ • .

C’est notre voyage ad long cours,

Aux mers de l’Inde ou de la Chine ; •

L’ardent soleil sur notre échine,

Nos piéds dans l’eau, ramant toujours, C’est notre' voyage au long cours.

Nous ne savons rien de Jla terre,

Sinon qù’on y connut jadis ' '

Des Rciinsons, des Vendredis,

Seuls dans leur île solitaire.

Et n’y sachant rien de la- terre.

Nous que l’on traitait d’écoliers,

Nous serons libres et des hommes, Vivant fort bien, tels que nous sommes, Sans encre, plumes ni cahiers,

Nous que l’on traitait d’écoliers.

Voici les Iles Bienheureuses,

Rêve de tous navigateurs,

Dont on ne voit que les hauteurs Fuyant sur les mers vaporeuses,

Voici les Iles Bienheureuses!....

Mais un son lointain retentit,

Qui vient troubler notre beau songe ; L’onde moqueuse le prolonge ;

Serait-ce nous qu’il avertit.

Ce son lointain qui retentit?

Voix trop facile à reconnaître,

Si loin que l’on soit sur les eaux.

Et qui n’a rien d’un chant d’oiseaux, Mais qui nous parle, à nous, en maître.

Voix trop facile à reconnaître.

Car c’est la’voix du vieux clocher Où l’école nous sonne l’heure ;

Que notre cœur en gronde, en pleure, Vite en arrière, et sans broncher,

Vite à l’appel du vieux clocher !

Et c’est ainsi qu’en plus d’un rêve De ceux qu’on fait lorsqu’on est grand. Un coup de cloche nous surprend.

Qui nous éveille et nous l’enlève.

Et c’est ainsi dans plus d’un rêve.

Mais à cet âge où le lac bleu Etait pour nous la mer immense.

Toujours le rêve recommence.

Sans, triste fin, sans long, adien, , Comme plus tard, au beau lac bleu.

A Nyon, la riante, ville, • • • ,

Les.flots ainsi, sous le coteau, .. .

Sous les vieux murs, le vieux château.

Etaient toujours d’un bleu tranquille, A Nÿon,’la riante ville.

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