‹ Les chansons joyeusesChapitre 34 sur 64 · EXAMEN DE CONSCIENCE · texte numérisé non relu

EXAMEN DE CONSCIENCE

Je suis on bon vivant, très-joyeux et très-doux, Qui me moque du pape et île la sainte ampoule; L'enfer ne m'a jamais donné la ehair de poule, Et devant l'Amour seul j'ai ployé les genoux.

Épris de l'art divin, fou de la grâce exquise, La tendresse et l'orgueil enveloppent mon cœur ; Des hommes je pourrai parfois être vainqueur, El Les femmes toujours me vaincront à leur guise.

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J'aime le fin sourire, et le teint rose et frais, Et la coquetterie adorable des blondes; v

Femmes cruelles, mais très-femmes, — si profondes, Qu'elles ne savent pas jusqu'où vont leurs secrets.

J'aime les délicats mais superbes poètes, Qui, sans railler le sort, mais sans implorer Dieu, Telle quelle ont aimé la vie, ayant très-peu Rêvé du paradis les extases muettes.

Donc, les blondes m'ont pris en souriant le cœur. Les sonnets de Shakespeare ont rempli tout mon être, Et j'ai, comme Henri Heine, au pied d'une fenêtre, Fait monter mes chansons vers un minois moqueur.

Parfois, las de l'amour, las de la poésie,

J'ai baisé sur la bouche une bouteille d'or

Ou de pourpre ; et soudain, en soufflant dans son cor,

A galopé par monts et vaux ma fantaisie.

Mais ivrogne, amoureux ou poêle, ma foi, J'aborde en souriant bouteille, amour, poème ; Et, comme mon esprit est un libre bohème, Les petits mendiants sont des frères pour moi

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