‹ Les chansons joyeusesChapitre 46 sur 64 · L'OUBLI · texte numérisé non relu

L'OUBLI

Où tenons nnirr cslal

Yll.l.riN

Somme? des goujats et des gouges Qui fêtons la vie à lmis clos ; Sur nos épaisses lèvres rouges Le vin coule, coule à grands flots.

Le bruit de maint baiser sonore Monte gaîment jusqu'au plafond ; On peut dormir jusqu'à l'aurore Dans notre lit large et profond.

Aux soucis fermons notre porte, Et ne rêvons jusqu'à demain; Pour que le diable ne t'emporte, Tu me serreras bien la main;

Car nous sommes damnés, nous autres!

On nous grillera là-dessous.

Pourquoi faire les bons apôtres?

Notre âme ne vaut pas deux sous.

Donc puisque sous nos pieds la terre" Ne s'entr' ouvre pas, sans remords Ni crainte aucune du mystère, Jouissons bien de notre corps.

Buvons à même les bouteilles !

Le vin, coulant sur nos habits, Nous fait des parures vermeilles D'escarboucles et de rubis.

Couchons-nous tout du long, par terre ; VA que nos cœurs inapaisés Passent de l'ivresse du verre A l'acre ivresse des baisers ;

Et que notre double folie, Pleine de transports inconnus, Étouffe la mélancolie Dans l'étreinte de ses bras nus.

Page 1