‹ Les chansons joyeusesChapitre 55 sur 64 · A ERNEST C · texte numérisé non relu

A ERNEST C

Ton nez facétieux, et qui hume le vent,

Tes yeux clairs, et ta peau légèrement pourprée

Sous les baisers de ta chevelure dorée,

Tes blanches dents aussi, j'en ai rêvé souvent.

Fou des vers, tu t'en vas l'œil au ciel, en rêvant; Ta cervelle est comme une étoffe bigarrée... Combien de farfadets dans ta tête égarée Ont passé comme un songe, ô clown triste et fervent!

Poussé par une force irrésistible, obscure,

Tu cours, — et l'on dirait que tu sens la piqûre

D'une invisible abeille à l'aiguillon moqueur.

Mille femmes, et plus, ont dormi sur ton cœur; Et tu cherches encor, sans t'en douter peut-être, Celle que tous les jours tu vois à sa fenêtre.

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