LES ANIMAUX MALFAISANS
A noo fis Uomrd
Mon enfant, la forêt profonde Nous entoure de toutes parts , Vaste forêt couvrant le monde , Pleine de loups et de renards.
Yois*tu briller parmi les branches , Gomme un éclair. . . . regarde bien ! . . Briller dans Fombre ces dents blanches. . . . — Où, mon père?... où?., je ne vois rien.
Tu ne vois pas ces loups qui rôdent , Guettant l'agneau dans le ravin , Ni ces renards qui toujours fraudent L'œil du limier, tant soit-il fin !
Tu ne vois pas dans sa malice , Avec son poison pour toul bien , Cette vipère qui se glisse ! . . .
— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.
Mais là tu vois , là , qui circule , Cette fouine au hardi museau , Faisant main basse , sans scrupule , Au jeune nid d'un pauvre oiseau?
Qu'il était gai , sous la feuillée , Des bois l'aimable musicien , Chantant dès l'aube à la veillée !
— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.
N'entends-tu pas l'atroce rire
D'une hyène sur les tombeaux?
Le crocodile qui soupire ,
Comme l'enfant , dans ses roseaux?
N'entends-tu pas au moins la pie
Qui se dit bon historien ,
Et pense faire une œuvre pie?. .
— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.
Eh bien , tu ne tarderas guères.
Hélas! trop tôt tu comprendras Les sots et les méchants vulgaires ,
Les petits, les grands scélérats. Combien de gueules pantelantes , Libres , sans cage et sans lien , Qui manquent au Jardin des Plantes ! . . . . — Où, mon père?... où?... je ne vois rien.