‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 124 sur 156 · LES ANIMAUX MALFAISANS · texte numérisé non relu

LES ANIMAUX MALFAISANS

A noo fis Uomrd

Mon enfant, la forêt profonde Nous entoure de toutes parts , Vaste forêt couvrant le monde , Pleine de loups et de renards.

Yois*tu briller parmi les branches , Gomme un éclair. . . . regarde bien ! . . Briller dans Fombre ces dents blanches. . . . — Où, mon père?... où?., je ne vois rien.

Tu ne vois pas ces loups qui rôdent , Guettant l'agneau dans le ravin , Ni ces renards qui toujours fraudent L'œil du limier, tant soit-il fin !

Tu ne vois pas dans sa malice , Avec son poison pour toul bien , Cette vipère qui se glisse ! . . .

— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.

Mais là tu vois , là , qui circule , Cette fouine au hardi museau , Faisant main basse , sans scrupule , Au jeune nid d'un pauvre oiseau?

Qu'il était gai , sous la feuillée , Des bois l'aimable musicien , Chantant dès l'aube à la veillée !

— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.

N'entends-tu pas l'atroce rire

D'une hyène sur les tombeaux?

Le crocodile qui soupire ,

Comme l'enfant , dans ses roseaux?

N'entends-tu pas au moins la pie

Qui se dit bon historien ,

Et pense faire une œuvre pie?. .

— Où, mon père?... où?... je ne vois rien.

Eh bien , tu ne tarderas guères.

Hélas! trop tôt tu comprendras Les sots et les méchants vulgaires ,

Les petits, les grands scélérats. Combien de gueules pantelantes , Libres , sans cage et sans lien , Qui manquent au Jardin des Plantes ! . . . . — Où, mon père?... où?... je ne vois rien.

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