‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 130 sur 156 · LE VIEUX 6DERRIER FRANK · texte numérisé non relu

LE VIEUX 6DERRIER FRANK

Assis à sa porte enfamée , Adalbert, guerrier de cent ans , Se rappelait ses joars d'armée , Et Gharlemagne , et les vieux Franks.

— « Viens ! lui disait , joyeux et leste , Un enfant , sautillant oiseau :

Allons jouer! le temps est beau. »

— (( Non ! je te veux conter le reste. ...» — « Grand-père, allons jouer sur le préau. »

' Le moine de Saînt-Gall qui , yers le dixième siècle , a écrit rhistoire populaire de Gharlemagne, raconte qu'il tenait ses récits d'un yieux guerrier frank, nommé Adalbert, lequel le prenait, tout enfant, entre ses genoux, pour lui dire ses souyenirs du grand empereur : — «Mais je m'échappais et j'aimais mieux aller jouer», ajoute celui qui nous les a consenrés et qui , devenu chroniqueur, se repentit sans doute de n'ayoir pas mieux profité de la mémoire du yieux grognard carloyingien.

ff. i ,■■(!■- -itd* l'y yt^--.

.ojbKv' ;.;'■.

..•'il fclHtH ^!.

àMlBEfiir.

— (( Je te dirai de Gharlemagne , De Gharkmagne et de Roland , Gomme ils allaient par br montagne , La lance au poing, i'épée au flanc.

En vain sur nos têtes s'amassent Pics et glaciers , rempart nouveau :

Au sommet flotte le drapeau. . . »

— " « Voilà des papillons qui passent ! Grand-père , allons jouer sur le préau. »

*— m Nous descendons, peufrie ianombrable ; Sa seule voix fait trembler Tair.

Sous le sapia et sous TéraMe , Partout résonne et luit le fer.

Le fer ! nos mains le fertilisent; Plantons le fer sur le coteau ; Le fer est notre noir rameau V . . »

-— (( \(Â\k , là-bas , des fleurs qui disent : Grand-père, allons jouer sur le préau. »

— « Je te dirai Tàpre furie Du géant Gisher-le-Faucheur :

Une armée était sa prairie ,

Des guerriers, Therbe à sa hauteur.

^ «Oh! que de fer! que de fer! ferrum, heul ferrum! 9 âiilt chroniqueur en parlant de Tarmée de Gharlemagne.

Trempé de san^^ante rosée ,

Dans les noirs greniers du tombeau

II jetait ce foin par monceau. . . »

— « Vois la belle nue embrasée !

Grand-père, allons jouer sur le préau. '»

— ((A Rome un cri se fait entendre :

Gloibe et victoire a l'Empereur ' !

Les vieux morts tremblent dans leur cendre ; Les vivans meurent de terreur.

Rois et peuples , tous s'agenouillent , Et tous , sous le même niveau , Baisent l'impérial manteau... )>

— c( Voilà des oiseaux qui gazouillent ! Grand-père , allons jouer sur le préau. )>

— « Nous irons guerroyer le More , Soulever la terre et la mer,

Dans sa couche éveiller l'Aurore , Et lancer au ciel notre éclair. Celui que célèbre ma bouche ,

* Le géant Cîsher fauchait les hommes par centaines ; quand il allait à la guerre contre les Wendes et les Bohèmes, il en rapportait huit ou dix sur son épaule, « enfilés à sa lance comme des grenouillettes, disait-il, et murmurant là je ne sais quoi. »

* Ce fut racclamation dont te peuple salua Charlemagne à son couronnement.

Brandit en ses mains le fléau.

Qu'il est terrible ! qu'il est beau !...)> — (( Voilà le soleil qui se couche !

Grand-père, allons jouer sur le préau. »

Page 1