‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 132 sur 156 · LE TROUBADOUR DU COMTE PIERRE · texte numérisé non relu

LE TROUBADOUR DU COMTE PIERRE

(Historiqne)

Air à eomplcteri d'après ce r«frftîii de batelier : Sur Vtau, sur le bord de Veau.

Le vaillant comte Pierre Avait un troubadour, Et quand la batelière Passe au pied de sa tour, Peut-être elle répète De l'antique poète Un antique rondeau ,

Sur Veau , Sur le bord de Veau , Un antique rondeau ,

Sur Veau.

Le vaillant comte Pierre Possédait maint vallon , Et , pour son nid de pierre , Le manoir de Ghillon :

Nid planté dans les ondes « Dont les lames profondes Bercent le vieux château

Sur l'eau , Sur le bord de l'eau , Bercent le vieux château ,

Sur l'eau.

Autour de la muraille Chante le flot d'azur.

Le souterrain tressaille A ce chant libre et pur.

Enchaîné sous la voûte , Le prisonnier écoute A travers le barreau ,

Sur l'eau , Sur le bord de l'eau , A travers le barreau ,

Sur l'eau.

De PetU-Cbatlemagnê Ce comte eut le surnom , Et , toujours en oampagne ,

Le mà'itait, âit*oii.

Ou bien , sur la tourelle , Il faisait sentinelle ^ Regardant , du eréneau ,

Sur Teau»

Sur le bord de l'eau, Regardant du créneau ,

Sur l'eau.

Sous son épaisse armure , Mieux que tout autre jeu , Du lac le frais murmure Le déridait un peu.

Sa barque armoriée , L'aile au vent déployée , Volait comme un oiseau ,

Sur l'eau , Sur le bord de l'eau , Volait comme un oiseau ,

Sur l'eau.

Quand il fat vieux et triste , £t quH ne pouvait plus De l'ours suivre la piste Sur les monts chevelus ; Sur l'onde une ballade

Calmait son cœur malade , Au temps du renouveau ,

Sur Teau , Sur le bord de l'eau , Au temps du renouveau , Sur Teau.

Car, bien que sa rapière N'eût aucun nœud d'amour, Le vaillant comte Pierre Avait un troubadour, Férald , dont le vieux comte , C'est tout ce qui s'en conte , Trouvait le chant plus beau ,

Sur l'eau , Sur le bord de l'eau , Trouvait le chant plus beau ,

Sur l'eau.

Chantait-il les vaillances Des héros d'autrefois , Et les grands coups de lances , Et les brillans tournois?

Ou bien la jouvencelle Assise en la nacelle, Auprès du jouvenceau , Sur l'eau ,

Sur le bord de Feau , Auprès du jouvenceau , Sur Feau?

Ou bien l'Alpe fleurie Aux sommets de Jaman , Clarens et Meillerie , Et notre bieu Léman?....

Hélas ! le flot de l'âge N'a laissé sur la plage Pas même son tombeau , Sur Feau , Sur le bord de Feau , Pas même son tombeau , Sur Feau.

Et nous , fils de ces rives , Gomme ce troubadour, Sur les ondes plaintives , Allons à notre tour ; Sans laisser plus de trace , Allons au vent qui passe Chanter un air nouveau !

Sur Feau , Sur le bord de Feau , Chanter un air nouveau ,

Sur Feau !

CLAKIMBOB])

(nislon(|BC^

De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer J'ai lu ce trait d'helvétique vaillance. Le croira-t-on dans ce siècle de fer Qui ne croit rien à force de science?

Tout autre était la mâle confiance De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

« Les ennemis 1 ... » dit UMch Bras-de-fer A Glarimbord , son compagnon fidèle.

Sans raisonner» partant d'un même éclair, Tous deux, armés , vont faire sentinelle. Gar telle était l'amitié fraternelle De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

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Glariiabord dit : — a Les voilà , Bras-de-fer, » Sous les rochers qui montent en ^lenee ! )) Si du passage ils sont maîtres , c'est clair, » Tout le vallon est pris sans résistance; )) Et Ton aurait mauvaise souvenance » De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer. »

— (( Oui , Glarimbord : » dit Ulrich Bras-de^fer. Et saisissant à deux mains leur épée , Loag espad(Mi qui rayonne dans Tair, Leur mine haute et leur jambe campée Font , dans'Ja nuit, une roche escarpée De Glarimbord el â'Uhrieh Bras-de-fer*

En Glarimbord croit Ubich Bras-de-fer ; En Bras-de-fer Glarimbord se confie.

Quand Teainemi , se tordant comme un ver. Du défilé croit tenir la sortie , Alors commence , à beau jeu , la partie De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

Gomme le blé , sous Ulrich Bras-de-fer ; Sous Glarimbord, comme l'herbe tremblante, Les rangs coupés sentent le fil amer, Le prompt tranchant de leur faulx ruisselante : G'est 1^ le foin , c'est la moisson sanglante De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

— « A Glarimbord ! sus ! vite ! à Bras-de-fer ! »

Crie une voix réveillant la vallée ,

Gomme le vent qui réveille la mer.

Bourgs et hameaux, la Commune assemblée ,

Gourent à Taide, avalanche éboulée.

De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

((Bien! Glarimbord; bien! Ulrich Bras-de-fer!

Disent-ils tous , la bataille finie :

(( Bons ouvriers ! vaillans faucheurs sans pair ! »

On les ramène en belle compagnie ,

Et chacun veut toucher la main bénie

De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

Mais Glarimbord, mais Ulrich Bras-de>fer Tiennent toujours à deux mains leur épée. Le sang la colle et Tincruste en leur chair. Ge n'est, dit-on, qu'en l'eau tiède trempée Que se rouvrit la main rouge et crispée De Glarimbord et d'Ulrich Bras-de-fer.

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