‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 135 sur 156 · CHŒUR FINAL · texte numérisé non relu

CHŒUR FINAL

Avant que le jour gagne Les cimes au front blanc , Tu pars pour la montagne , L'œil ferme , étincelant , La gourde au flanc.

Tu dis : « J'ai là pour boire ,

« En ïïum sentier, tt Jusques à la nuit noire, »

0 forestier !

C'est bien ! ta gourde est pleine D'un feu de longue haleine ;

En avant !

Et pleine aussi ton âme De jeune et vive flamme , Que tout prend , tout réclame ,

En avant!

Tout : — l'aube sur la cime , Et la fleur dans l'abime , Rêve tendre ou sublime , Et lutte magnanime; En avant !

Tout! l'étoile, et le ciel, et le monde, et la vie. Tout t'appelle, et toute ombre est de toi poursuivie.

En avant I

Eu avant!

Tout ! et ton pied s'élance ; Tout ! . . . • mais k jour avance :

Déjà son aile immaise

Se replie en silence. , . ,

Vite en bas !

Et pensers pleins d'audace , Et longs jets dans Tespace, Tout s'éteint , tout s'efface ; Vite en bas !

Et l'ombre qui t'accable.

Te l'ordonne » implacable ;

Vite en bas !

A grands pas !

Mais quoi! ton pied s'arrête....

Et voilà , sur ta tête , Qu'en ses calmes hauteurs où son char la conduit, Seule voyant le Jour qui l'appelle et la suit ,

Seule encor veille et luit La Nuit.

Et , ta force épuisée , Tu dors dans la rosée , Sur la mousse et le thym ,

Chasseur hautain !

Tu reposes dans l'ombre ,

Kl)

Au tournant du roc sombre , Que tu vis ie matin ,

Tout argentin.

Et comme toi , dans l'herbe , Qu'elle embaume et rougit , Ta gourde au vaste flanc, ta gourde au flanc superbe,

Oh ! qui pouvait la vider d'une haleine ! . . . . Elle est pourtant vidée , elle autrefois si pleine , La gourde du forestier.

Qu'elle était lourde , Et sourde , La gourde Qui tenait un setier !

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