CHŒUR FINAL
Avant que le jour gagne Les cimes au front blanc , Tu pars pour la montagne , L'œil ferme , étincelant , La gourde au flanc.
Tu dis : « J'ai là pour boire ,
« En ïïum sentier, tt Jusques à la nuit noire, »
0 forestier !
C'est bien ! ta gourde est pleine D'un feu de longue haleine ;
En avant !
Et pleine aussi ton âme De jeune et vive flamme , Que tout prend , tout réclame ,
En avant!
Tout : — l'aube sur la cime , Et la fleur dans l'abime , Rêve tendre ou sublime , Et lutte magnanime; En avant !
Tout! l'étoile, et le ciel, et le monde, et la vie. Tout t'appelle, et toute ombre est de toi poursuivie.
En avant I
Eu avant!
Tout ! et ton pied s'élance ; Tout ! . . . • mais k jour avance :
Déjà son aile immaise
Se replie en silence. , . ,
Vite en bas !
Et pensers pleins d'audace , Et longs jets dans Tespace, Tout s'éteint , tout s'efface ; Vite en bas !
Et l'ombre qui t'accable.
Te l'ordonne » implacable ;
Vite en bas !
A grands pas !
Mais quoi! ton pied s'arrête....
Et voilà , sur ta tête , Qu'en ses calmes hauteurs où son char la conduit, Seule voyant le Jour qui l'appelle et la suit ,
Seule encor veille et luit La Nuit.
Et , ta force épuisée , Tu dors dans la rosée , Sur la mousse et le thym ,
Chasseur hautain !
Tu reposes dans l'ombre ,
Kl)
Au tournant du roc sombre , Que tu vis ie matin ,
Tout argentin.
Et comme toi , dans l'herbe , Qu'elle embaume et rougit , Ta gourde au vaste flanc, ta gourde au flanc superbe,
Oh ! qui pouvait la vider d'une haleine ! . . . . Elle est pourtant vidée , elle autrefois si pleine , La gourde du forestier.
Qu'elle était lourde , Et sourde , La gourde Qui tenait un setier !