‹ Les chansons lointaines, poèmes et poésiesChapitre 143 sur 156 · L'ACADÉMIE DE LAUSANNE · texte numérisé non relu

L'ACADÉMIE DE LAUSANNE

Quiconque veut philosopher Doit avoir un premier principe , Jusque sur les yeux 8*en coiffer.

Et prendre tout le reste en grippe.

Ce principe , enfin , est trouvé , OEuvre sublime du génie.

Non , non ! Je ne l'ai point rêvé :

C'est, Messieurs, c'est T Académie.

Un jour, l^an de nos trois Conseils , Le grand , le petit , on le moindre , A-t-il eu de fâcheux réveils , Et l'ennemi vient-il à poindre ?

On lui répond : Tout est au mieux , Dans l'Eut, oui, tout fait envie , Sauf un seul point défectueux, C'est, Messieurs, c'est l'Académie.

Si Doctrinaires, Radicaux,

Nous gouvernant à tour de rôle ,

Se font le poing, même assex gros ,

Avec une mine assex drôle ;

Si , maintes fois , au Grand-Conseil ,

Bâille la salle dégarnie ,

Qui peut produire un fiiit pareil ?

C'est, Messieurs, c'est l'Académie.

Le Yaudois , ee peuple madré ,

Ne suit pas la loi de la Mecque :

S'il a de tout temps préféré

Sa cave à sa bibliothèque ;

Si d'être un Homère , un Caton ,

Petitement il se soucie ,

Qui diantre a fait ee gros garçon ?

C'est, Messieurs, c'est l'Académie.

— « Je n'ai pas , dit un orateur,

u Messieurs , la langue bien pendue ; » Mais , en revanche , par bonheur, n Elle est on ne peut mieux pointue, n Les traits que je vais décochant , M En douceur je les expédie , M Et l'on dit que je suis méchant !

» C'est , Messieurs , c'est l'Académie. »

— « Messieurs ! je n'y comprends plus rien , » S'écrie un autre : « tout m'embrouille ;

» Mais c'est mon droit de citoyen , u Et je bredouille , je bredouille.

M Sur tious si j'ai frappé , frappé , » A droite , à gauche , avec furie ; u Sur tons si j*ai jappé , jappé. . . . >• C'est, Messieurs , c'est l'Académie. ••

— •• Cest fort bien d'être indépendant , » Dit un troisième avec mystère :

M Mais moi je suis prudent , prudent , M A petit bruit rasant la terre.

n Une personne est dans un pas...

M Un mauvais pas., nul ne le nie ; •• Mais moi je ne la nomme pas :

u C'est , Messieurs , c'est TAcadémie. ••

Un autre encor dit : — « Eh ! pékins !

•> Tant de beaux mots ne font pas grêle.

•• Vous êtes de pauvres coquins ,

» Je vois qu'il faut que je m'en mêle.

••Un mot tout seul fera cela ,

>• Grêle , orage , foudre , incendie :

» jihoiUê fils de Loyola f

M C'est, Messieurs, c'est l'Académie. ••

■^ « Messieurs , dit un bon campagnard ,

» Toutes les vignes sont gelées ;

» Les blés furent lemés trop tard ;

>• Nos forêts se sont envolées.

n Delà Dolaz qttanqu'à Jhanwn ,

H Ecut&^ei cti' infamiia!

M Pfo n'ai» m«»n« eu de teoue «tt an. . .

M Ce , Meerieure , e*è VÀcadMù»*. »

* Avant la dernière révolution du canton de Vaud, racadémie ou Tuniversité de Lausanne fut en butte aux attaques les plus absurdes, mais débitées du ton le plus sérieux, et qui ne tardèrent pas à porter les fruits qu'on en attendait. On se servit de son nom comme du fameux refrain : Ceat la faute de RoUeteau , c'est la fonte de Voltaire.

* De la Dole jusqu^à Jaman (montagnes du canton de Vaud). —Ecoutez donc cette Jnfaroie ! •— Nous n'avons point eu de choux cette année... — • C^est , Messieurs , c'est T Académie.

NOTES

LE RISTOUS

ou

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