LE NOUVEL ARISTOCRATE
Qui T0at ouïr» qui veut apprendre Ce que je m» mus m'en douter ?
H^Iaf! je ne vnis bon qn*à pendre Ou, tout au moins, l gflotUr*.
J*u TÎeux ehapenu , TÎeille eravate , Et TÏeil habit on ne tait d*où :
Je iuifdone un aristocrate , Ristou ! rittoa ! nttou ! rbton f (bU.)
Voyei ! fort mince est mon mërite :
Je ne sais pas , gagnant au jeu, Pour &ire bouillir la marmite , Dans le peuple souffler le feu.
Peuple ou roi qui veut qu*on le flatte, Ne trouTe en moi qu*nn tîcux hibou.
Je sus donc un aristocrate :
nistou! ristou! ristou! ristoa! (hU.J
Contre la Tertn , le génie , Faufr-il aussi lâcher son mot?
Faut-il que je les calomnie ?
Oh ! franchement, je suis un sot. Pour condamner à mort Soerate Je n*eusse rien valu du tout.
Je suis donc un aristocrate :
Ristou ! ristou ! ristou ! ristou ! fbii.J
On me dit : - Vive Tignorance !
H A bas le culte des neufi soeurs ! » J^ai du respect pour la soience , Et même pour les professeurs.
Mais ràne Teut-il qu*on le gratte , Allons ! je ne suis pas si fou !
Je suis donc un aristoerato :
Ristou ! ristou ! ristou l ristou ! (bi$.J
Je ne sais pas , sans frein ni borne , Contre tous , d*un front menaçant , Toujours beuglant , lever la corne , Et faire fuir chaque passant.
Je ne Tois pas tout éearlato , Comme un taureau qui tord le cou.
Je suis donc un aristocrate :
Ristou ! ristou ! ristou ! ristou ! (Vii.J
Que tout le monde s^apaurrisse :
En quoi serai-je plus heureux ?
Je ne crob pas qu*on s*enrichisse Quand tout le monde sera gueux.
On dit qu*un nouvel lige éclate :
Ka foi ! ce n*est pas le Pérou I Je suis donc un aristocrate :
Ristou ! ristou ! ristou ! ristou ! (hi$,J
J*ai quelque chose encor dans Tàme Qu*fl faut que je confesse , hélas !
Le croiriei-vous ? j'aime ma femme ; Serais-je le seul dans ce cas?
Le communisme est un pirate. . .
Droit du seigneur ? droit du bambou?. . . Moi , je suis un aristocrate :
Ristou ! ristou ! ristou ! ristou ! (^.)
Quand nous brisâmes nos entraves , Quand nous devînmes fils de Tell , Quand Masséna nous disait braves , J*ai combattu sur le Grimsel '.
J*ai sur mon sabre cette date.
Le sabre est U , pendant au clou :
Et je suis un aristocrate !
Ristou ! ristou ! ristou ! ristou ! fbû.J
* Alte'ration populaire du mot ariêtoerate , par laquelle les radicaux valaisans désignaient leurs adversaires. Elle passa du Valais dans le canton de Vaud avec la révolution. Tous ceux qui n'approuvèrent pas le mouvement , ou le sens-dessusdessous opéré en février 1848, furent donc auasit6t traités de rûtous ou d'aristocrates.
* Le Grelot, espèce de Charivari^ qui se publiait à Lausanne, a plus frit pour la révolution que les grands journaux.
' En 1799, époque de raffranchissement du pays de Vaud, Masséna donna à plusieurs reprises des éloges aux Lémans ou Vaudois, dont les bataillons figurèrent dans ces héroïques combats des Alpes qui préludèrent à la grande bataille de Zurich.
NOTES
Que vonles-votts ? pourquoi me plaindre ?
Je reste pauvre , je suis vieux,
Le jour traTaillant tans rien craindre ,
La nuit dormant tant que je peux.
Je ne sais pas tendre la patte ,
Plier au besoin le genou ,
Je suis donc un aristocrate :
Ristou! ristoo i ristou ! ristou ! fhii.)